16 sept. 2011 - 18 sept. 2013 Eric FROIDMONT

La qualité nutritionnelle du lait dépend des vaches et de ce qu'elles mangent

La teneur en matières grasses et protéines du lait, son taux cellulaire et son profil en acides gras ont été déterminés par spectrométrie infrarouge. Les résultats montrent que tant les variables relatives à la gestion du troupeau que celles concernant l'alimentation influencent la composition du lait.

La qualité nutritionnelle du lait dépend des vaches et de ce qu'elles mangent

L'étude a été réalisée durant un an dans 26 exploitations inscrites au contrôle laitier, disposant d'informations précises sur la nature du troupeau (production, stade de lactation, parité...). Elle consiste à déterminer les quantités de matières premières ingérées par les vaches laitières, herbe comprise, ainsi qu'à prélever un échantillon de lait de tank. La teneur en matières grasses et protéines du lait, son taux cellulaire et son profil en acides gras ont été déterminés par spectrométrie infrarouge. Les résultats montrent que tant les variables relatives à la gestion du troupeau que celles concernant l'alimentation influencent la composition du lait.

Ainsi, la teneur en matières grasses du lait est négativement corrélée au pourcentage de primipares. Une moindre mobilisation des réserves corporelles chez ces animaux, encore en croissance, en constitue la raison la plus probable. Lorsque le niveau de production augmente, les teneurs en acides gras saturés et en protéines diminuent, probablement suite à un effet de dilution de ces matières dans le lait. Par contre, la teneur en acides gras insaturés ne semble pas affectée par la productivité.     

Pour les variables alimentaires, l'ingestion d'herbe est positivement corrélée à la teneur en acides gras polyinsaturés du lait, en particulier aux ω3 et ω6. L'ingestion d'herbe fraîche est donc bien recommandable pour un lait de qualité nutritionnelle élevée. Le taux butyreux du lait augmente avec les régimes à base d'ensilage d'herbe, ce qui peut s'expliquer par l'orientation cellulolytique des fermentations ruminales. Par contre, le taux protéique du lait diminue avec la proportion de fourrage dans la ration, sans doute suite à une moindre densité énergétique de l'alimentation. Enfin, l'ingestion d'ensilage de maïs déprécie la teneur en acides gras insaturés du lait.

L'étude confirme que l'obtention d'un lait riche en acides gras insaturés, recommandable d'un point de vue nutritionnel, est conditionnée par de très nombreux facteurs, tant liés à l'animal qu'à son alimentation.

Mise à jour 16 septembre 2011