6 décembre 2018 Gilbert BERBEN

Alimentation animale et concept de « zéro technique »

Depuis la crise de la « vache folle », les laboratoires du CRA-W sont fortement impliqués dans le développement de méthodes de détection et d'identification des farines animales dans les aliments pour animaux d'élevage. Le 1er Janvier 2001, l’Union européenne a interdit l’utilisation de protéines animales dans les aliments pour animaux destinés à la production alimentaire.

Alimentation animale et concept de « zéro technique »

En 2006, le CRA-W a été désigné Laboratoire de Référence de l'Union Européenne en matière de détection de Protéines Animales dans les aliments pour animaux (EURL-AP).

A la demande du service DG-SANTE de la Commission européenne,  un rapport de l’EURL-AP a été constitué au sujet du concept de zéro technique. Il visait deux objectifs :

  • Etablir comment mettre en œuvre pratiquement un seuil de tolérance (appelé « zéro technique ») pour la présence d’ADN de ruminants, sachant qu’actuellement même de faibles traces y sont pratiquement interdites ;
  • Fournir des éléments facilitant la tâche de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) dans sa révision de l’analyse de risques en matière d’encéphalopathie spongiforme bovine inductibles par les protéines animales transformées. Cette révision de l’EFSA devra cependant déjà intégrer le concept de zéro technique tel que le rapport de l’EURL-AP prévoit de l’appliquer (mission du premier objectif).

Le rapport de l’EURL-AP a été achevé en juillet 2017 et est maintenant disponible publiquement (http://eurl.craw.eu/img/page/publication/Technical_zero-final_version.pdf). Différents seuils possibles à soumettre à l’analyse de risques y sont repris. Une des difficultés  était d’arriver à convertir deux types d’unité a priori assez incompatibles. En effet, le seuil de tolérance est défini en nombre de copies de la cible PCR de la méthode officielle « ruminant » tandis que l’analyse de risques a besoin d’une teneur en masse de protéines animales transformées de ruminant.

Entre-temps, le rapport sur la mise à jour de l’analyse de risques de l’EFSA est sorti à son tour en juillet 2018 (http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/5314) et réfère bien au rapport de l’EURL-AP.

Par la suite, les données contenues dans ces rapports devront permettre de faire évoluer la législation européenne tout en garantissant un maintien de la sécurité de la chaîne alimentaire.

Mise à jour 6 décembre 2018