16 nov. 2017 - 16 nov. 2020 Patricia DE VOS

Contrôle de la qualité du traitement de semences de céréales

Le traitement des semences avec des produits phytopharmaceutiques est vivement conseillé pour lutter contre différentes maladies et ravageurs des plantules lors des premiers stades de leur croissance. Mais quelles sont les méthodes analytiques pour contrôler la dose et l’homogénéité du traitement sur un lot de semences ?

Contrôle de la qualité du traitement de semences de céréales

Les nouveaux produits de traitement des semences sont efficaces à des doses très réduites. Un bon traitement nécessite une application de la matière active à la bonne dose en fonction de l’espèce, de la variété et de l’état sanitaire des lots. En effet, une trop faible dose peut mener à une protection insuffisante de la plante tandis qu’une dose trop élevée peut augmenter le risque de phytotoxicité. En outre, la matière active doit être distribuée de manière homogène entre les semences d’un lot mais aussi sur la surface d’une graine y compris le sillon.

Les méthodes de référence utilisées pour le contrôle de la qualité du traitement des semences sont les méthodes chromatographiques telles que la chromatographie en phase liquide à haute performance (HPLC, UHPLC) et la chromatographie en phase gazeuse (GC). Ces méthodes sont toutefois longues, coûteuses, destructives et difficilement applicables en contrôle de routine. La spectroscopie proche infrarouge (SPIR) est une technique analytique alternative qui ne présente pas ces inconvénients et qui peut être utilisée pour identifier les principes actifs et leur dosage moyen sur un lot de semences ou leur dosage graine à graine avec des dispositifs adaptés de présentation d’échantillons. L’imagerie hyperspectrale proche infrarouge est une technique qui présente l’avantage de combiner l’information spectrale avec l’information spatiale. Cette technique permet d’analyser plusieurs semences simultanément tout en évaluant la dose et l’homogénéité du traitement sur chaque semence. Elle doit toutefois être validée par des méthodes de référence.  Une étude réalisée par Pauline Flémal (UCL) dans le cadre de son travail de fin d’étude a permis de montrer le potentiel de cette technologie combinée avec la chimiométrie pour le contrôle qualité du traitement des semences.

Les résultats d’analyse des semences en dosage moyen par UHPLC et SPIR ont montré une grande variabilité entre lots traités avec une même formulation, issus de différents producteurs de semences. En orge, 85% des échantillons présentaient une teneur en matière active inférieure à 70% de la dose cible.

L’imagerie hyperspectrale proche infrarouge a permis en outre de détecter dans un lot de semences la présence possible de semences d’une autre espèce/variété, de semences non traitées ou de semences traitées avec une formulation différente. Elle a aussi permis d’évaluer l’homogénéité du traitement sur chaque semence individuellement et de les classer en fonction de la dose cible. Pour certains lots, plus de 75% des semences présentaient une teneur en matière active située au-delà des 30 % acceptables autour de la dose cible.

Cette technologie ouvre des perspectives nouvelles en matière de contrôle de la qualité des semences. Cette étude a fait l’objet d’un article dans la revue J. Spectral Imaging (doi: 10.1255/jsi.2017.a1)

Mise à jour 16 novembre 2017