6 décembre 2018 Brieuc HARDY

Gestion de la fertilité azotée en maraîchage biologique après destruction de prairie permanente

La version actuelle du Programme de Gestion Durable de l’Azote (PGDA III) interdit de cultiver des légumes pendant une durée de deux ans après destruction de prairie permanente. Pourtant, de nombreux maraîchers bio, à la recherche de terres riches en matière organique et exemptes de produits phytopharmaceutiques, s’implantent sur d’anciennes prairies.

Gestion de la fertilité azotée en maraîchage biologique après destruction de prairie permanente

Dans l’idée d’évaluer la pertinence de cette interdiction considérée comme un frein au développement du maraîchage bio, la Cellule transversale de Recherches en Agriculture biologique (CtRAb) du CRA-W a suivi au cours des saisons culturales 2016 et 2017 quatre situations néo-maraîchères implantées sur d’anciennes prairies permanentes.

L’étude a confirmé que la destruction d’une ancienne prairie libère des quantités importantes d’azote (N) minéral. La première année suivant la destruction, la fourniture en N est de l’ordre de 150 à 200 kg/ha pour une prairie de fauche et de 200 à 300 kg/ha pour une prairie non fauchée. En cas de fumure ou d’une charge en bétail importante les années précédentes, la fourniture peut atteindre 500 kg/ha.

En raison de cet apport d’N élevé, de nombreuses cultures suivies ont dépassé les seuils d’intervention d’azote potentiellement lessivable (APL). L’implantation de cultures gourmandes en N et le maintien d’une couverture permanente des sols sont les principales lignes directrices d’une gestion efficiente de la fertilité azotée des parcelles cultivées après prairie. Dans cette optique, l’implantation d’intercultures (CIPAN) et de cultures en relais peut permettre de prélever efficacement l’N minéralisé au cours de l’arrière-saison.

En 2017, 130 des 173 maraîchers bio répertoriés en Wallonie cultivaient des surfaces inférieures à 2 ha. Les cultures maraîchères en agriculture biologique implantées sur d’anciennes prairies représentent donc des surfaces très réduites. En outre, la période critique concernant la lixiviation de nitrate n’est qu’une étape transitoire de deux ans. Dès lors, il nous semble opportun d’assouplir la législation en la matière, en s’assurant toutefois que les surfaces concernées restent limitées et que des organismes de conseil orientent les maraîchers vers des itinéraires techniques adaptés.

Une fiche de résultats et un feuillet de bonnes pratiques agronomiques sont disponibles : http://www.cra.wallonie.be/fr/implantation-de-cultures-de-legumes-apres-prairie-permanente

Mise à jour 6 décembre 2018