6 décembre 2018 Morgane CAMPION

Le CRA-W, un acteur important dans la valorisation des agroécosystèmes prairiaux

Considérée comme l’or vert de l’Ardenne, la prairie est un sujet majeur des recherches du CRA-W depuis de nombreuses années. Pour cause, celle-ci occupe une place prépondérante au sein de nos systèmes d’élevage. Depuis quelques années un autre regard lui est porté. En effet, outre son utilisation comme aliment pour le bétail, elle fournit de nombreux services indispensables à la société.

Le CRA-W, un acteur important dans la valorisation des agroécosystèmes prairiaux

Ces aspects sont appréhendés au travers du concept de services écosystémiques qui désigne les différents services qu’un écosystème, comme la prairie, peut rendre à la société pour assurer son bien-être. Ces services sont répartis en trois groupes distincts à savoir :

  • les services de production, correspondant aux produits potentiellement commercialisables obtenus à partir de l’écosystème,
  • les services de régulation, qui modulent ou régulent les phénomènes naturels,
  • et les services culturels, correspondant aux avantages immatériels que les populations obtiennent des écosystèmes.

Les nombreux services fournis par l’écosystème prairial à la société sont étudiés par le CRA-W au travers de différents projets et essais. Ainsi, la fourniture de fourrage pour le bétail, lequel assure la production de lait ou de viande, est étudiée en quantité et qualité, sur base hebdomadaire et mensuelle, tout au long de la saison de pâturage.

Le CRA-W développe également des itinéraires techniques innovants de production de viande, tels que la viande de veau rosé ou encore la production de viande de bœuf en agriculture biologique, en vue de maximiser la place de l’herbe dans l’alimentation des bovins. Les performances des animaux comme, d’une part, les gains de poids, les rendements à l’abattage et la qualité des viandes ou, d’autre part, les productions laitières issues de ces productions y sont plus spécifiquement étudiées dans le but d’évaluer le service de production final associé à cet agroécosystème.

La prairie peut également jouer un rôle sanitaire puisqu’un des leviers permettant de limiter la pression parasitaire réside en l’application de bonnes pratiques de gestion du pâturage. Ainsi, le CRA-W a confirmé l’intérêt du pâturage tournant, d’une charge en bétail modérée et de l’alternance entre la fauche et le pâturage pour limiter la pression du parasitisme chez les génisses et assurer leur bonne croissance.

Les services de régulation de la qualité de l’eau et de l’air que délivrent la prairie via l’optimisation de sa valorisation, sont également étudiés. Par exemple, l’utilisation de bougies poreuses a pour objectif  de déterminer l’impact de différents modes de gestion de la prairie, notamment en termes de rénovation du couvert ou de conduite du pâturage, sur les risques de lessivage de l’azote vers les nappes phréatiques.

Parallèlement, une étable expérimentale et un système mobile permettent de mesurer les gaz à effet de serre et l’ammoniac produits, en étable et au pâturage, par les bovins en fonction de différentes stratégies d’alimentation basées sur l’utilisation plus ou moins importante de ressources prairiales.

L’ensemble de ces expertises permet d’avoir une vision globale des services délivrés par les agroécosystèmes prairiaux, depuis leur gestion pour la production de fourrages jusqu’à la production des produits animaux tout en respectant les demandes sociétales actuelles.

Mise à jour 6 décembre 2018