4 juin 2019 Vincent CESAR

Le mildiou de la pomme de terre : monitoring de la résistance aux fongicides

Le mildiou reste de loin la principale maladie de la culture de pomme de terre. C’est pourquoi la recherche sur le mildiou de la pomme de terre au CRA-W remonte à plusieurs dizaines d’années.

Le mildiou de la pomme de terre : monitoring de la résistance aux fongicides

Au travers de l’étude de la diversité et de l’évolution des populations, la caractérisation des génotypes de mildiou en termes de virulence et de résistance aux fongicides, l’évaluation de la sensibilité des principales variétés cultivées, l’amélioration des outils d’aide à la décision, l’évaluation de l’efficacité des moyens de lutte dans le cadre de l’agriculture biologique ou encore la création variétale.

Le maintien d’une culture saine en pomme de terre nécessite un nombre important et répété d’applications fongicides, principalement pour les variétés sensibles. Il n’est pas rare, en effet, d’observer jusqu’à 20 traitements fongicides annuellement. Pour cela, les agriculteurs disposent d’une large gamme de produits présentant des modes d’actions différents.

Depuis 2013, le CRA-W est partenaire du consortium Euroblight. Ce réseau européen composé de partenaires scientifiques et de sociétés phytopharmaceutiques examine chaque année l’évolution et la distribution des souches de mildiou à travers l’Europe. Environ 1500 échantillons sont collectés chaque année dans 15 pays et sont génotypés. En Wallonie, la situation est restée inchangée jusqu’en 2016 où 3 génotypes représentaient 70 à 90% des souches collectées. A ce moment, seule la famille des phenilamides (matière active : Metalaxyl-M) montrait des signes d’inefficacité du fait de la présence de souches de Phytophthora infestans résistantes (souche Blue-13 ou 13_A2). En 2017 et 2018, un changement brutal a été observé et les souches de mildiou, majoritaires il y a 3 ans encore, ont été remplacées par deux nouveaux génotypes : les 36_A2 et 37_A2. Suite à leur apparition, des cas de résistance au fluazinam ont été constatés. Les analyses ont alors montré que l’ensemble des génotypes 37_A2 étaient résistants à cette matière active.

L’apparition soudaine de nouveaux génotypes et leur propagation rapide sur le territoire européen rappelle plus que jamais l’importance de poursuivre les recherches sur le mildiou de la pomme de terre et plus particulièrement le travail de suivi des populations de mildiou. C’est encore plus vrai lorsque l’apparition d’un nouveau génotype est associé à des phénomènes de résistance à un fongicide. La création de nouvelles variétés résistantes et l’optimisation des outils d’aide à la décision sont des leviers qui permettent de raisonner l’utilisation des fongicides et donc de réduire le risque d’apparition de nouvelles souches résistantes.

Mise à jour 4 juin 2019