6 décembre 2018 Dominique MINGEOT

Le puceron, Myzus persicae : monitoring de la résistance aux insecticides en Wallonie, des résultats préliminaires interpellant

La résistance de Myzus persicae aux insecticides est largement répandue de par le monde. Une première analyse détaillée a été menée en Wallonie.

Le puceron, Myzus persicae : monitoring de la résistance aux insecticides en Wallonie, des résultats préliminaires interpellant

Myzus persicae est un des pucerons les plus répandus de par le monde. En Wallonie, il s’attaque à la pomme de terre, au colza, à la betterave et à de nombreux légumes. Il occasionne des dégâts directs et surtout transmet différentes viroses de première importance au niveau économique, comme le virus Y de la pomme de terre et les virus de la jaunisse de la betterave.

Ce puceron est aussi connu pour avoir développé différents mécanismes de résistance aux principales familles d’insecticides, dont les pyréthrinoïdes, les carbamates, les organophosphorés et les néonicotinoïdes, soit la très grande majorité des insecticides utilisés.

En Wallonie, la présence de ces résistances était soupçonnée mais leur importance restait une inconnue. Un monitoring a été réalisé en 2016 par le CRA-W, avec l’appui du Centre pilote Pomme de Terre. L’ADN d’environ 200 pucerons échantillonnés en pomme de terre à travers la Wallonie a été analysé pour mettre en évidence la présence de mutations spécifiques conférant à son porteur une résistance aux pyréthrinoïdes (mutations L1014F, M918T et M918L, dites kdr et s-kdr), aux carbamates (MACE) et/ou aux néonicotinoïdes (R81T).

Les résultats indiquent que moins de 2% des pucerons testés ne présentent aucune résistance.  Une présence très importante des résistances aux pyréthrinoïdes est mise en évidence, avec plus de 98% des pucerons porteurs d’au moins une des trois mutations connues et certains pucerons porteurs de plusieurs de ces mutations à la fois. La résistance aux carbamates est également bien présente, avec environ 40% des échantillons positifs. Par contre, aucun puceron n’était porteur de la mutation leur conférant une résistance aux néonicotinoïdes.

La fréquence de la présence des résistances aux pyréthrinoïdes est interpellant, surtout quand on réalise que 25 des 35 produits utilisés en pomme de terre pour lutter contre la transmission des viroses appartiennent à cette famille et que ces insecticides sont proposés comme alternative aux néonicotinoïdes en betterave pour lutter contre la transmission des virus de la jaunisse.

Mise à jour 6 décembre 2018