Pesticides : plus de contrôles techniques pour moins de risques ?
30 mai 2017 Marie STAS
CRAW-info pulvérisateur

Temps, usure, manque d’entretien, … un défaut est si vite arrivé ! Quand il concerne un équipement d’application de pesticides (EAP), les fuites ou les mauvais dosages mettent en danger la santé humaine et l’environnement. Bientôt, les risques seront évalués sur tous les équipements. Des mesures préventives optimisées telles que de nouveaux contrôles techniques pourront alors être imposés en Belgique.


Tout comme les voitures, un pulvérisateur ou n’importe quel EAP doit passer au contrôle technique pour en détecter les défauts ou dysfonctionnements. En absence de contrôle, une voiture risque de tomber en panne ou de provoquer un accident. Quand il s’agit d’un EAP, le risque concerne la sécurité de l’opérateur, mais aussi sa santé et celle des consommateurs ainsi que la qualité de l’environnement, car des doses d’application de pesticides sont en jeu.

Le risque dépend de deux principaux facteurs : la gravité d’impact relatif à un danger sur un sujet exposé et la probabilité d’occurrence de cet impact. Dans ce cas-ci, il est calculé en fonction des défauts techniques des EAP, de leurs probabilités d’occurrence, et de la gravité de leurs impacts sur la santé humaine et l’environnement. Afin d’évaluer ce risque à échelle nationale, une étude du niveau d’utilisation de chaque EAP est intégrée à l’étude de risque.

La décision sur le contrôle technique d’un équipement doit être appuyée sur une solide évaluation des risques (ER). C’est pourquoi un protocole d’ER qui s’applique à tous les Equipements d’Application de Pesticides (EAP) a été développé par une collaboration wallonne (CRA-W) et flamande (ILVO) dans le cadre d’un double projet fédéral appelé SIRA-APESTICON. Ainsi, pour chaque type d’EAP, les risques sont évalués, d’une part « avant », et d’autre part « après » le contrôle technique. Entre les situations « avant » et « après », la diminution de risque observée pourrait justifier la nécessité de rendre ce contrôle technique obligatoire.

A notre connaissance, le protocole d’ER développé dans ce projet est la méthode existante la plus complète dans le contexte de l’inspection technique des EAP. Elle cible tous les types d’EAP utilisés en Belgique, soit 23 types inventoriés au total. Parmis ceux-ci, 4 sont inspectés aujourd’hui : pulvérisateurs de grande culture, d’arboriculture, de serres et matériel de désinfection. Certains types seront peut-être au final exemptés du contrôle obligatoire à l’issue de l’ER. Pour les autres, de nouveaux protocoles de contrôle seront développés suivant les risques prédits. Ainsi, notamment grâce à ce projet, la Belgique fera partie des premières nations à se mettre en conformité avec la Directive EU 2009/128/EC sur l’utilisation durable des pesticides.


Mise à jour 30 mai 2017