BIO-TERRE

Jérôme DELCARTE
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Agglomération de balle de riz en boulets combustibles en substitution au charbon de bois pour la cuisson domestique au Sénégal - Projet BIO-TERRE

Contexte

Le charbon de bois et le bois de feu restent des combustibles très utilisés sur le continent africain, principalement pour la cuisson des aliments. En zone sèche, la consommation de ces combustibles dépasse largement les capacités de production des forêts. Dans le nord du Sénégal, la culture intensive du riz et sa transformation engendrent de grandes quantités de résidus (6 à 10 000 tonnes de balle de riz par an).

Or, la technique d’agglomération développée au CRA-W permet de produire des boulets combustibles à partir de la biomasse mélangée à de l’argile et de l’eau, grâce à une unité de production simple. Ces boulets sont ensuite séchés sur claies au soleil avant d’être commercialisés en sacs plastiques hermétiques. Leur comportement en combustion est similaire à celui du charbon de bois et leur utilisation à grande échelle permettrait une diminution de la pression sur les massifs forestiers. En effet, en comparant la consommation de boulets à celle du charbon de bois pour la préparation des divers plats traditionnels sénégalais, il s’avère que 1 kilo de biomasse ainsi traitée se substitue à 10 kilos de bois sur pied à 60 % d’humidité, soit à 6 kg de bois sec, transformé en charbon de bois.
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Objectifs

Le projet Bio-terre financé par la Direction des Relations Internationales de la Région wallonne, avait pour principal objectif l’étude de la production et de l’acceptabilité du combustible ainsi que la récolte des informations nécessaires à l’évaluation technico-économique et à la réplication industrielle du projet avec d’autres sources de biomasse.

Description des tâches

La mission d’évaluation effectuée par le CRA-W en juillet 2001 a sélectionné le site de Ross-Bethio. Le projet BIO-TERRE a ensuite été réalisé en deux phases :
une phase préparatoire effectuée en 2003 au CRA-W Gembloux pour adapter la technologie d’agglomération à la balle de riz et étudier les bases d’un fourneau adapté à ce combustible ;
la seconde phase d’essais sur unité pilote expérimentale, installée à Ross Bethio, a été menée de janvier à juin 2004. Elle portait sur :
- l’optimisation de la technique de fabrication ;l’optimisation du combustible au niveau de l’utilisation en cuisson des divers plats sénégalais, essais comparatifs au charbon de bois ;
- l’optimisation du fourneau par rapport à ce nouveau combustible : allumage, puissance, durée de combustion, consommation de combustible ;
- la production de deux tonnes de combustible distribuées sur trente ménages pour réaliser le test d’acceptabilité.

Résultats obtenus

Fabrication du combustible : les matières premières locales et l’équipement de base fourni par le projet permettent la production d’un combustible performant.

Séchage au soleil : les essais montrent que le séchage peut être réalisé par exposition au soleil en moins de 24 heures.

Essais de cuissons aux boulets en comparaison au bois et charbon de bois. La cuisson du thiéboudienne (plat typique sénégalais, en préparation pour 10 personnes) requiert 2,5 à 3 kg de boulets pour autant qu’il soient utilisés dans le fourneau approprié, soit, à 50 FCFA le kilo (100 FCFA = 0,15 €), une préparation coûtant 125 à 150 FCFA contre 120 FCFA pour le gaz, 180 FCFA pour le bois et 300 FCFA pour le charbon de bois.

L’acceptabilité du combustible, suivant l’enquête, dépasse toute espérance : à
50 FCFA du kilo, 90 % des ménagères déclarent vouloir utiliser Bio-terre exclusivement en lieu et place du charbon de bois et des cuissons au gaz.

Faisabilité économique : cette technologie requiert des investissements que l'on peut qualifier de "faibles" par rapport aux autres techniques de valorisation énergétique.
Dans le contexte du projet, l’investissement nécessaire à l’installation d’une usine (terrain, bâtiments, véhicule, équipements etc.) est de l’ordre de 90 millions de FCFA (137 000 €) et le coût de production avoisinerait 30 FCFA/kg (45 €/tonne) pour une capacité de production de 4000 tonnes par an.

Fourneaux : pour atteindre une efficacité optimale, le boulet requiert l’utilisation du fourneau spécialement développé à cet effet par le CRA-W.

Intérêts essentiels de la technologie : Utilisé comme substitut au charbon de bois, à usage de combustible domestique, ce produit génère une économie importante : 1 kg de biomasse ainsi traitée peut épargner de 6 à 10 kg de bois sur pied, soit un rapport particulièrement intéressant, dans le cadre de la protection de l’environnement.
Dans le contexte de la problématique du bois de feu en PED, cette technologie aurait aussi un impact social et économique appréciable : le combustible peut être vendu au détail à environ 50 FCFA/kg, alors que le pot de charbon de bois (750 gr) est vendu à 150 FCFA, soit 200 FCFA/kg.

Partenaires

Délégation Wallonie-Bruxelles, SAED - Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falèmé,
DPDR - St Louis du Sénégal,
SAED - Délégation de Dagana - Ross Bethio,
PROGEDE - Direction Energie : programme de gestion durable et participative des énergies traditionnelles et de substitution, Direction de l’Energie - Dakar, Peytavin, CERER - Centre d’Etudes et de Recherches sur les Energies Renouvelables – Dakar, CRAT - Centre Africain de Technologie - Dakar.

Coordinateur hors CRA-W

TEMMERMAN Michaël (Attaché scientifique)
Département Génie rural
Chaussée de Namur, 146
B-5030 Gembloux
Téléphone direct :62 71 57
Téléphone département :+ 32(81) 61 25 01
Fax département :+ 32(81) 61 58 47
E-mail :temmerman@cra.wallonie.be

Financement

  • SPW - DG Relations extérieures

Equipe

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