Travail du sol limité à l’emplacement de la ligne de semis en cultures de betterave, chicorée et maïs

CRA-W
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Photo du haut : vue de la surface du sol au moment du semis des betteraves. Photo du bas : vue d’une coupe verticale du sol (profil cultural) et lignes d’iso-résistance à la pénétration.

Travail du sol limité à l’emplacement de la ligne de semis en cultures de betterave, chicorée et maïs

Contexte

Dans le contexte d’une agriculture de plus en plus confrontée à des contraintes économiques et environnementales (notamment le maintien du capital sol), les TCS (Techniques Culturales Simplifiées) sont très souvent présentées comme une alternative susceptible de diminuer les coûts d’implantation des cultures tout en réduisant les risques de ruissellement et d’érosion. Les TCS impliquent la suppression du labour, une réduction du nombre de façons culturales et une diminution de l’épaisseur de la couche de terre affectée par le travail du sol. Suite aux progrès enregistrés dans la conception des matériels de semis, les TCS ne posent plus guère de problèmes de mise en oeuvre. Malgré cela, leur extension en RW reste limitée car pour certaines plantes très sensibles à la structure du sol (betterave, chicorée et maïs), la réduction de la profondeur d’ameublissement du sol engendre des pertes de rendement préjudiciables sur le plan de la rentabilité économique. L’emploi d’un outil à dents (décompacteur) destiné à ameublir toute la couche arable sur un profondeur équivalente à celle d’un labour conventionnel, mais sans la retourner, permet de sauvegarder le potentiel de production de ces cultures. Grâce à cette technique, l’intérêt du non-labour sur le plan environnemental est maintenu. Il n’en est cependant pas de même sur le plan économique car l’emploi d’un décompacteur exige des puissances de traction élevées.

Objectifs

Cette étude vise à tester une nouvelle technique d’implantation des cultures de betterave, chicorée ou maïs qui permettrait de concilier réduction des coûts, protection du sol et maintien du potentiel de production. Son principe consiste à n’effectuer les préparations du sol (ameublissement et création du lit de semences) qu’à l’emplacement des futures lignes de semis. Puisque cette technique conduit à une réduction drastique de la surface de terre effectivement travaillée, elle implique la mise en oeuvre de matériels de travail du sol comprenant moins de composantes et par conséquent plus légers, moins coûteux et moins exigeants en puissance.

Résultats attendus

Les résultats attendus sont :
· Economiques :
o diminution du poids et du prix des engins de travail du sol ;
o réduction des efforts de traction lors de l’opération d’ameublissement du sol grâce à l’emploi de dents de décompaction plus étroites.

· Environnementaux :
o meilleure résistance du sol à l’érosion grâce à la présence d’un mulch et l’absence de tout travail du sol dans l’interligne ;
o possibilité d’étendre les TCS aux exploitations de taille modeste qui ne sont pas en mesure d’amortir des tracteurs de puissance élevée.

· Agronomiques :
o en betterave et chicorée, amélioration de la morphologie du pivot racinaire et, par conséquent, diminution de la tare-terre ;
o maintien ou augmentation des rendements grâce au positionnement optimal des plantes.
o moindre perturbation de la faune (lombrics) et de la microflore.

· Phytotechniques :
o facilités du contrôle des adventices avec diminution éventuelle des quantités de désherbant par une diminution drastique de la surface de sol travaillée lors de la préparation du lit de semences ;
o meilleure portance du sol avec diminution des risques de création d’ornières au moment des récoltes et donc plus de facilités pour implanter la culture suivante en TCS.

Résultats obtenus

Les premiers essais réalisés en betterave à l’aide d’un système de positionnement purement mécanique démontrent la faisabilité de la technique, technique qui pourrait sans nul doute profiter des progrès enregistrés dans la technologie GPS. Ils montrent que la technique qui consiste à faire coïncider les lignes de semis avec le passage exact des dents de décompaction s’avère intéressant pour la culture même lorsque le décompacteur est équipé de dents larges sensées ameublir le sol sur toute la largeur de la machine. Avec ce type d’engin, le fait de faire coïncider les lignes de semis avec le passage des dents de décompaction améliore sensiblement la régularité de la forme des betteraves et permet d’augmenter le rendement de la culture de l’ordre de 3 à 4 % par rapport à un semis réalisé habituellement par un agriculteur.

Financement

  • CRA-W - Centre wallon de Recherches agronomiques

Equipe

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