DAIRYMAN

Le projet DAIRYMAN (projet INTERREG IV B NW Europe) a pour objectif d'améliorer les pratiques de fertilisation et de complémentation au sein des exploitations laitières européennes, et ce, afin d'en améliorer les performances tant économiques (réduction des coûts de production) qu'environnementales (diminution de la pression exercées sur les nappes phréatiques, l'atmosphère, ...).

Contexte

La crise qu’a connue le secteur laitier ces dernières années pousse les agriculteurs à reconsidérer leur mode de gestion afin de réduire leurs coûts de production. Parallèlement, l’agriculture, et plus spécialement les spéculations animales, sont souvent montrées du doigt pour les pressions qu’elles exercent sur leur environnement, que ce soit au niveau des nappes phréatiques (nitrates), ou de l’atmosphère (gaz à effet de serre).

Objectifs

Dans ce contexte, le projet DAIRYMAN (projet INTERREG IV B NW Europe, regroupant des partenaires hollandais, français, allemands, luxembourgeois, irlandais , anglais et belges avec le soutien du Fond Européen pour le Développement Régional) a pour objectif d’améliorer les pratiques de fertilisation et de complémentation au sein des exploitations laitières, et ce, afin d’en améliorer les performances tant économiques qu’environnementales. Le chef de file de ce projet est l’Université de Wageningen, Pays-Bas.

Résultats attendus

Le projet est divisé en 3 axes :
• Réalisation d’un état des lieux du secteur laitier dans les différentes régions impliquées et analyse des modalités d’application des directives européennes dans les législations régionales, afin d’identifier les formes à promouvoir en lien avec la diversité des conditions régionales rencontrées ;
• Mise en place d’un réseau de fermes pilotes. Ce sont au total 120 exploitations laitières, dont 16 exploitations wallonnes sélectionnées et suivies en collaboration avec l’UCL et l’AWE, qui intégreront ce réseau sur l’ensemble de la zone impliquée. Suite à la réalisation d’une analyse des performances, ainsi que des points faibles et des points forts de ces exploitations, un plan d’optimisation sera défini. Celui-ci sera réalisé en étroite concertation avec les exploitants et en mobilisant des outils de gestion permettant d’optimiser la gestion des intrants (engrais, compléments, …) ;
• Développement d’un réseau de centres de transfert de connaissances au sein desquels, des innovations et des pratiques à risque pourront être testées avant d’être transférées vers le secteur. Dans ce cadre, le troupeau laitier et les installations du CRA-W, situé au Liroux, se joindront à huit autres centres de transfert de connaissances dispersés dans les différentes régions impliquées.

Résultats obtenus

Une analyse SWOT du secteur laitier en Wallonie (axe 1) a été réalisée. Elle met en évidence l’importance de maintenir la rentabilité des exploitations laitières, actuellement mise à mal par la diminution du prix du lait et la hausse des coûts de production Parmi les pistes d’amélioration il y a notamment la gestion des intrants (autonomie fourragère, diminution de la dépendance énergétique, valorisation des engrais de ferme) et la valorisation des produits laitiers wallons.
Plusieurs éléments, tels que la diminution des émissions de GES, l’augmentation des participations aux MAE, la diminution du surplus azoté dans les sols agricoles, montrent une évolution positive du secteur laitier qui ne semble pas se démarquer des autres spéculations agricoles.
Au niveau social, c’est la diminution du nombre d’exploitations agricoles, liée aux incertitudes du secteur, à la perte de rentabilité et aux normes environnementales et sanitaires de plus en plus contraignantes, qui s’avère préoccupante.
Le projet DAIRYMAN c’est également un réseau de 129 fermes pilotes dont 21 exploitations laitières wallonnes. Ces exploitations sont suivies depuis 2010 et jusqu’en 2012 sur 5 thématiques :
  • La description de chaque exploitation
  • La balance minérale 
  • La balance économique 
  • Les GES 
  • La biodiversité.
Les exploitations wallonnes sont caractérisées, en moyenne, par une SAU de 93ha, dont 17% de céréales, 13% de culture et 70% de SFP. Les premiers résultats ont montré une grande diversité des exploitations du réseau. En effet, le fonctionnement d’une exploitation laitière du plateau de Herve, basé sur l’herbe et le pâturage, est différent d’une exploitation de polyculture-élevage que l’on rencontre en Brabant wallon (31% contre 98% de SFP entre les exploitations du Nord et du Sud du sillon Sambre et Meuse par exemple). Il est rapidement apparu qu’une typologie des exploitations du réseau est indispensable pour analyser et comparer les exploitations entre elles. Cette typologie, fonctionnelle, reprend 2 paramètres que sont la production par superficie fourragère (4 niveaux : 0-6500 ; 6500-9000 ; 9000-13000 et plus de 13000l/ha de SFP) et la production par vache laitière (3 niveaux : 0-7000 ; 7000-8500 et plus de 8500l/VL). Les exploitations wallonnes sont réparties dans 9 des 12 types élaborés. Ce qui démontre bien la diversité au sein de nos exploitations.
Chaque exploitation a reçu la visite d’un conseiller avec lequel l’exploitant a élaboré un plan d’optimisation pour son exploitation. Le plan d’optimisation est un bilan de l’exploitation au démarrage du projet. Il met en avant ses points forts et ses points faibles ainsi que des pistes pour améliorer ces derniers. Il en ressort que les 3 principales attentes des agriculteurs sont (i) l’optimisation de la ration, (ii) la définition d’un plan de fertilisation avec une bonne valorisation des engrais de fermes produits, et (iii) la réduction de l’énergie directe utilisée. Ces attentes ont conduit au choix de plusieurs modules de formations ainsi que l’utilisation d’outils conçus et mis en place par nos partenaires européens.
Au sein du KTC-Liroux (centre de transfert de connaissance) deux systèmes fortement contrastés sont testés. Le premier est un système en confinement total, où la production de lait est basée sur l’ensilage de maïs. Le second système maximise le pâturage avec une recherche de l’autonomie alimentaire. Pour ce faire, le troupeau et les superficies ont été répartis entre les deux systèmes (une vingtaine de vaches laitières pour une vingtaine d’hectare par système).
La seconde innovation mise en place est un essai sur l’impact des légumineuses sur le sol au sein d’une rotation. Dans cet essai trois modalités sont comparées : le maïs, un mélange dactyle-légumineuse et une rotation de 6ans avec prairies temporaires, maïs, escourgeon et froment d’hiver.

Contribution

Le CRA-W est le coordinateur du projet pour le versant wallon. Il assure la réalisation de l’état des lieux, la mise en place du réseau de fermes pilotes et du centre de transfert de connaissances pour le versant wallon. Il s’occupe également de la coordination générale de l’action qui vise à évaluer les performances des exploitations suivies, ainsi qu’à élaborer un guide de diagnostic et de mise en place d’un projet d’amélioration pour chacune d’entre elles.

Partenaires

Partenaires belges :
- Association Wallonne de l’Elevage, ASBL (AWE).
- Université Catholique de Louvain-la-Neuve (UCL), Earth and Life Institute.

Coordinateur hors CRA-W

Frans Aarts Université de Wageningen Pays-Bas

Financement

  • CRA-W - Centre wallon de Recherches agronomiques
  • SPW - DGARNE
  • CE - Politique régionale - INTERREG IV

Equipe

Partagez cet article