Du
10 Juin 2013
au
30 Juin 2015

Désherbage : est-ce possible de concilier la réduction du volume et l’efficacité du traitement ?

Même si le volume moyen en Belgique (appliqué sur grandes cultures) est de 150 à 200 litres/hectare, la tendance est à la diminution. En effet, une réduction permet d’améliorer le rendement de chantier et la rapidité d’exécution. Il est ainsi plus facile pour l’opérateur d’intervenir au bon moment, ce qui peut être un élément décisif dans la réussite d’un traitement.

Désherbage : est-ce possible de concilier la réduction du volume et l’efficacité du traitement ?

Cependant, la diminution du volume/hectare induit une modification de la qualité des dépôts de pulvérisation, ce qui pourrait mettre à mal l’efficacité biologique des traitements. Depuis 2010, le CRA-W mène des essais de réduction du volume/hectare en désherbage de céréales (de 200 à 100 ou 50 l/ha) visant à en déterminer les limites en fonction du mode d’action du produit de protection (contact ou systémique), du type de buses (à fente conventionnelle ou anti-dérive à injection d’air) et des conditions atmosphériques (humidité relative et température). Un objectif secondaire de l’étude est de déterminer les caractéristiques nécessaires et suffisantes du dépôt de pulvérisation permettant d’assurer une bonne efficacité biologique.

 

Lors de la pulvérisation d’un produit ayant un mode d’action systémique, l’efficacité biologique est pratiquement indépendante du volume/hectare appliqué ou du type de buses utilisé. Il est donc possible, pour ce type de produit, de réduire la dose appliquée jusqu’à 100 l/ha voire en-deçà sans trop de problème. Il faut noter cependant une baisse d’efficacité de 95 à 89% lorsque le volume/hectare atteint 50 l/ha.

Les résultats montrent clairement un décrochage du traitement de contact pour le volume le plus faible. En effet, quel que soit le type de buses utilisé, l’application à 50 l/ha du produit de contact n’a pas permis d’atteindre une bonne efficacité biologique. L’usage de buses à fente conventionnelles peut, en partie, pallier cet impact négatif en permettant d’atteindre une efficacité moyenne de 93% pour 100 l/ha.

 

En ce qui concerne les caractéristiques des dépôts, le taux de recouvrement (%) est directement fonction du volume/hectare appliqué. Par contre, la densité et la taille des impacts sont plutôt tributaires du type et du calibre des buses. Les deux types de buse étudiés présentent un comportement totalement différent vis-à-vis de la réduction du volume/hectare. La buse à injection d’air conserve des impacts de taille constante et voit la densité de ceux-ci diminuer avec le volume/hectare alors que dans le même temps, la buse à fente conventionnelle génère des impacts plus nombreux mais plus petits. Cette divergence de comportement a une implication sur l’efficacité biologique du produit et explique que la buse conventionnelle permette de conserver une efficacité de traitement de contact pour des volumes de 100 l/ha ce qui n’est pas le cas de la buse à injection d’air.

 

Enfin, les essais montrent que la température et l’humidité relative n’influencent pas significativement le taux de recouvrement, mais modifient par contre la taille des impacts.

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