Essais variétés Post inscription, la bonne variété à la bonne place

Essais variétés Post inscription, la bonne variété à la bonne place

Alors que la majorité des leviers agronomiques (semences, fongicides, engrais, herbicides, régulateurs de croissance, labour, insecticides) font l’objet de critiques et d’une profonde remise en question, la diversité et la robustesse des variétés de céréales demeurent un outil clef pour faire face aux défis de demain.

Pour la majorité des gens, « variété » est la forme scientifique de « une sorte de ». Pour d’autres il s’agit d’un synonyme de la notion d’espèce. D’autres enfin, amateurs de potagers ou de bonnes nourritures en connaissent le sens agronomique via, les poires Conférences ou les fraises Lambada.

Le terme « inscription », fait lui référence à une liste reprenant les variétés dont la commercialisation est autorisée. L’accès à cette liste est conditionné par la réussite de tests et d’essais agronomiques. En Belgique, pour les céréales, ces tests sont réalisés conjointement par l’ILVO et le CRA-W.

Le nombre de variétés de céréales est en perpétuelle augmentation. Chaque année, des dizaines de variétés sont inscrites au niveau européen. Le but de la recherche variétale en céréale n’est pas de trouver une variété qui satisfasse au goût des consommateurs mais bien de conserver des variétés productives tout en augmentant les niveaux de tolérances et de résistances des plantes.

Chaque année, nous sommes confrontés à de nouveaux insectes escaladant les latitudes à la faveur de la hausse des températures. Les champignons, bactéries et virus mutent continuellement et contournent les résistances des variétés. En outre, ils prennent également l’avion, le bateau et les trains et colonisent très rapidement de vastes territoires.

Alors qu’en contrepartie, le souhait de réduire le nombre de produits phytopharmaceutiques est grandissant.

Depuis peu, le dérèglement climatique est entré dans une nouvelle phase. Sécheresse au pays de la pluie, 19°C à Noël, -5°C au 20 avril : de nombreux évènements exceptionnels sont ainsi devenus réguliers et affectent nos cultures. La résilience est un terme très à la mode mais pour les plantes, elle reste très limitée et les mauvaises récoltes se multiplient.

La seule véritable alternative n’affectant ni notre santé, ni l’environnement est la création et le renouvellement d’une large gamme de variétés adaptées. Une fois les variétés inscrites, un second travail consiste à déterminer quelle variété sera la plus adaptée à chaque situation. La destination du produit final, la région de culture, les pratiques de l’agriculteur, la terre et son historique sont autant de facteurs qui vont influencer le choix des cultivateurs. Pour les aider, le CRA-W et ses partenaires mettent en place des essais dits de « post-inscription ». Actuellement, le CRA-W rénove et développe des réseaux d’essais tout en privilégiant les conduites à faibles intrants. Le Livre Blanc demeure la référence des céréaliculteurs mais a lui aussi pris un sérieux coup de jeune : l’élaboration de listes recommandées démontre désormais aux agriculteurs tout l’intérêt d’opter pour des variétés plus tolérantes qui permettent de réduire le recours à la protection chimique.

Afin de permettre aux agriculteurs de se diversifier, des réseaux avoine et triticale sont maintenant mis en place et viennent s’ajouter aux réseaux existants (froment, épeautre, orge).

Si le sujet vous intéresse, rejoignez-nous lors des visites d’essais qui sont organisées chaque année dans le courant des mois de mai et juin.

Fichiers attachés

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