Fertilité biologique des sols : l'azote potentiellement minéralisable

Fertilité biologique des sols : l'azote potentiellement minéralisable

La caractérisation et la gestion de la fertilité des sols sont des enjeux cruciaux de l'agriculture. Comment déterminer la capacité des sols à nourrir les plantes, à leur fournir notamment l'azote nécessaire à leur croissance ?

Si conventionnellement il est aisé de compenser un manque de fourniture d'azote par le sol, par des apports d'engrais minéraux, en agriculture biologique et dans les autres systèmes à bas intrants, le but est de maximiser la fourniture par le sol pour rencontrer les besoins des cultures. Dans ces systèmes, les apports sont organiques : apports d'engrais de ferme (lisiers, fumiers bruts ou compostés, …), résidus de cultures, couverts végétaux (CIPAN - cultures pièges à nitrates, couverts d'intercultures, cultures associées, décomposition de la matière organique stable - "humus", …).

La transformation de l'azote organique en azote minéral est un processus microbien impliquant des bactéries aérobies (nitrobacter, nitrosomonas,…) qui porte le nom de nitrification. Pour quantifier l'azote potentiellement minéralisable des sols, plusieurs méthodes existent parmi lesquelles celle basée sur des incubations en laboratoire. Elle est largement utilisée pour les sols, et pour étudier la libération d'azote par des matières organiques apportées au sol. Au CRA-W, elle a été utilisée pour caractériser et gérer la fertilité des sols en agriculture biologique (BIO2020), ainsi que pour d'autres projets (Soilveg, Bioecosys). Ces mesures de laboratoire restent toutefois des mesures théoriques indicatrices de la fertilité azotée du sol.

L'originalité de la démarche est la comparaison de ces mesures de laboratoire avec des suivis au champ de l'azote minéral présent dans les horizons des profils de sol, dans des parcelles en sol nu, au sein de parcelles en cultures (céréales, légumes) et une transposition au champ. Celle-ci se base sur la relation étroite entre la vitesse de nitrification et la température du sol. Cette approche permet de convertir le nombre de jours d’incubation en laboratoire en un nombre de jours équivalents en conditions de terrain, pour ainsi prédire la dynamique de libération d’azote au champ au cours de l’année culturale. Pour cela, nous nous sommes basés sur des médianes journalières de température du sol calculées pour une période de 20 ans dans des stations météorologiques de référence, représentatives des différentes régions bioclimatiques de Wallonie.

Le traitement de l'ensemble des données accumulées permettra d'affiner cette transposition des mesures de laboratoire au champ, dans nos systèmes de cultures et nos conditions pédoclimatiques.

Fichiers attachés

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