Du
30 Septembre 2013
au
31 Octobre 2015

La coccinelle asiatique, une invasive prédatrice de coccinelles

Qui n’a pas entendu parler d’Harmonia axyridis (Pallas), cette coccinelle très polymorphe faisant de remarquables agrégats sur les façades avant d’hiverner ? Introduite dans les années 90 pour la lutte biologique, elle a rapidement envahi toute l’Europe du Nord.

La coccinelle asiatique, une invasive prédatrice de coccinelles

Parallèlement à l’invasion d’Harmonia axyridis (Pallas) ou coccinelle asiatique, un déclin de plusieurs espèces de coccinelles indigènes dont la très commune coccinelle à deux points a été observé à la fois en Belgique, en Angleterre ainsi qu’en Suisse. La coccinelle asiatique, par son comportement de prédation à l’égard d’espèces se nourrissant de mêmes proies (i.e. pucerons), pourrait expliquer à la fois ce déclin et son caractère hautement invasif. Afin de mieux connaître l’impact de cette prédation intraguilde sur les coccinelles indigènes, une thèse de doctorat a été réalisée au Laboratoire de Lutte Biologique et Ecologie Spatiale de l’Université Libre de Bruxelles. Le comportement de prédation des larves d’H. axyridis a été décrit en boîtes de Petri et sur plantes. Il a été observé qu’en l'absence de pucerons, H. axyridis est un prédateur vis-à-vis des œufs et de tous les stades larvaires de la coccinelle à 2 points. En présence de pucerons, suivant leur densité, le comportement de prédation peut être modifié à l’égard des larves mais pas des œufs. La résistance à la prédation d’H. axyridis a également été étudiée en exposant des larves dépourvues d’épines dorsales à un prédateur indigène, dans le but de tester le rôle de ces épines en tant que défense physique à l’égard d’un prédateur intraguilde. Il en résulte que ses épines dorsales permettent de réduire significativement le nombre de morsures et complètent ainsi ses autres lignes de défense utilisées pour s’imposer dans des ressources déjà exploitées par d’autres prédateurs. En plus de ces études en laboratoire, une méthode originale a été développée et utilisée pour suivre la prédation intraguilde en conditions semi-naturelles. Elle se base sur la détection chez H. axyridis des alcaloïdes de la proie à l’aide d’un GC-MS. Ainsi en conditions semi-naturelles, la prédation à l’égard des coccinelles indigènes a été confirmée vis-à-vis plusieurs espèces. Vu le nombre de sites où cette prédation a été détectée, elle peut être considérée comme une interaction fréquente. De plus, une même larve de coccinelle asiatique peut ingérer plusieurs espèces de coccinelles indigènes confirmant indéniablement son statut de prédateur de coccinelles Ainsi, nous pouvons conclure que la prédation intraguilde par H. axyridis sur les coccinelles indigènes participe très certainement au déclin de celles-ci et ceci très probablement au même titre que des phénomènes de compétition pour les ressources.