Du
11 Juin 2013
au
30 Juin 2015

La culture de légumes pour le marché du frais a encore de beaux jours en Wallonie !

Les travaux du CRA-W sur la gestion de la fertilisation azotée des légumes pour le marché du frais en Wallonie fournissent des pistes intéressantes pour les producteurs dans une optique de productivité et de respect de l’environnement.

La culture de légumes pour le marché du frais a encore de beaux jours en Wallonie !

Les enseignements tirés d’études menées au CRAW de 2005 à 2010  sur l’ajustement des apports d’engrais azotés aux besoins des cultures de légumes destinés au marché du frais ont montré qu’une réflexion approfondie sur la pratique globale de la fertilisation azotée est nécessaire dans ce secteur. Dès lors, une approche complémentaire a été mise en place, avec le double objectif suivant : 

 1) caractériser le secteur par rapport à tous les aspects liés à la pratique de la fertilisation azotée et à ses impacts sur l’environnement (en particulier les risques de pollution des eaux par le nitrate) ; 2) identifier et préconiser les bonnes pratiques qui peuvent permettre aux producteurs maraîchers d’atteindre les niveaux les plus faibles possibles de reliquats en azote minéral en automne après les récoltes.

Ce projet a bénéficié du soutien de l’ensemble des structures d’encadrement du secteur en Wallonie.

Après un recensement de toutes les exploitations maraîchères wallonnes (237) et la sélection d’un panel représentatif des exploitations (37), une campagne de prélèvements et d’analyses de sol a été réalisée de novembre 2011 à mars 2102 dans 51 parcelles maraîchères afin de déterminer la richesse en azote minéral du profil du sol après les récoltes. Des enquêtes très détaillées, pour les années 2009, 2010 et 2011, sur les caractéristiques pédologiques, agronomiques et culturales au sein des exploitations et des parcelles échantillonnées ont complété l’approche afin d’identifier des variables explicatives des richesses mesurées en azote minéral.

Les reliquats en azote minéral mesurés sur les 51 parcelles variaient de 10 kg d’azote minéral/ha à 352 kg/ha sur la couche de 0 à 90 cm. Cette gamme très large de teneur en azote minéral au sein du panel des parcelles étudiées a constitué une base idéale pour les objectifs poursuivis.

Il ressort que les espèces cultivées ne constituent pas un facteur explicatif des reliquats observés. Par contre, ces derniers croissent nettement avec les apports totaux d’engrais azotés minéraux de synthèse appliqués les deux dernières années. Les exploitations n’appliquant que des engrais minéraux présentent les valeurs les plus élevées, alors que les exploitations n’appliquant que des engrais de ferme présentent des valeurs nettement plus faibles. En particulier, l’utilisation exclusive d’engrais composés organiques mène à des reliquats très faibles. En parallèle à ce constat, les exploitations en culture biologique et certifiées comme telles, de même que celles qui commercialisent en circuit court, présentent les reliquats les plus faibles comparativement aux exploitations conventionnelles. Parmi ces dernières, celles qui sont certifiées Global GAP et GIQF présentent néanmoins des reliquats moindres que celles qui ne le sont pas.

En ce qui concerne les autres pratiques culturales, il se dégage que les reliquats faibles sont favorisés par : le non-labour comparativement au labour annuel, le désherbage mécanique en plusieurs passages par rapport à un seul passage, le non-fractionnement des apports d’engrais minéraux, une couverture maximale du sol durant l’année culturale et l’absence d’irrigation des cultures.

Cet ensemble de constatations fournis des voies d’évolution intéressantes pour les producteurs et la recherche afin d’envisager des combinaisons de pratiques culturales permettant d’assurer une fertilisation azotée raisonnée pour les légumes destinés au marché du frais en Wallonie, particulièrement via la production biologique, mais aussi en production conventionnelle.

 

Projet subsidié par le SPW, convention n°2999/1

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