Qu’en est-il de la fertilité des sols en Agriculture biologique ?

Qu’en est-il de la fertilité des sols en Agriculture biologique ?

La conversion vers l’agriculture biologique (AB) entraîne des modifications de pratiques agricoles susceptibles d’influencer les teneurs en matière organique ainsi que le fonctionnement biologique des sols. Le CRA-W a cherché à en savoir plus …

Au cours des années 2014 et 2015, la teneur en carbone organique total (COT), l’activité biologique globale et le potentiel de fourniture en azote ont été déterminés pour les sols d’une quarantaine de parcelles en AB. De l’analyse des chiffres, il ressort que les teneurs en matière organique des parcelles en AB sont supérieures aux valeurs médianes des régions agricoles dans environ 60 % des cas, et qu’il est plus fréquent d’observer des teneurs élevées en COT pour les parcelles les plus anciennement converties à l’AB. Les parcelles des fermes herbagères et de polyculture-élevage tendent à avoir un meilleur statut organique que les parcelles de grandes cultures sans élevage, ce qui pourrait être le reflet d’un meilleur accès aux engrais de ferme ou de l’influence positive de la prairie sur le statut organique des sols. D’autres pratiques connues pour favoriser le statut organique des sols telles que l’allongement des rotations, la diversification des cultures ou l’augmentation des restitutions (restitution des pailles, cultures intermédiaires) sont fréquemment observées chez les agriculteurs en AB.

De manière générale, les taux de minéralisation du carbone et de l’azote (N) des sols augmentent avec les teneurs en COT, ce qui souligne l’importance du statut organique du sol pour maintenir une bonne activité biologique et promouvoir la fourniture naturelle en N du sol. Néanmoins, l’étude n’a mis en évidence aucune différence de potentiel de fourniture en N par rapport aux sols en agriculture conventionnelle du référentiel régional CARBIOSOL. Concernant l’effet de l’antécédent cultural, une fourniture en N de l’ordre de 18 % inférieure a été mesurée pour les céréales de printemps par rapport aux céréales d’hiver. Au contraire, la fourniture d’N est augmentée d’environ 15 % après un mélange céréale-légumineuse et d’environ 22 % après une culture de légumineuse pure par rapport à une céréale d’hiver pure.

Afin d’aller plus loin, il serait intéressant d’évaluer la performance des parcelles du réseau de fermes en AB pour d’autres indicateurs d’abondance et de diversité (micro-)biologique qui peuvent être corrélés à l’efficience d’utilisation des ressources nutritives ainsi qu’à la résilience du système face à certains pathogènes des cultures.

Pour plus d’information, l’étude complète est accessible sur le site du CRA-W

 

Fichiers attachés

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