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scolyte

Modèles de développement du scolyte typographe

Adapter au contexte wallon les modèles de développement du scolyte typographe pour aider les gestionnaires forestiers à agir au bon moment.

Contexte

L’épicéa est une des principales essences de production en Wallonie. Ces dernières années, il a subi une épidémie sans précédent de scolyte typographe (Ips typographus), un coléoptère qui se développe en masse sous l’écorce et peut tuer l’arbre. Avec le changement climatique, ces phases épidémiques risquent de devenir plus fréquentes et plus intenses.

Pour limiter les dégâts, les gestionnaires doivent repérer les arbres attaqués le plus tôt possible et les évacuer avant que la génération suivante de scolytes n’en sorte. Ces opérations demandent beaucoup de temps et de moyens. Savoir à quel moment agir permet donc de mieux utiliser ces ressources.

Plusieurs pays européens (Allemagne, Autriche, Slovénie, Suisse, Suède, Norvège…) utilisent des modèles dits « phénologiques ». À partir des données météo, ces modèles calculent l’avancement du développement des scolytes au fil de la saison. Ils permettent par exemple d’estimer :

  • la meilleure période pour détecter les arbres attaqués (quand les adultes creusent leurs galeries et rejettent de la sciure) ;
  • le temps qu’il reste pour évacuer les arbres abattus avant la sortie des nouveaux adultes ;
  • le nombre de générations possibles dans l’année, un indicateur du niveau de risque l’année suivante.

Objectifs

Le projet vise à fournir aux gestionnaires forestiers et aux services de surveillance (par exemple l’Observatoire wallon de la santé des forêts) un outil de prédiction facile à utiliser. Concrètement, il s’agit de :

  • comparer les modèles existants en Europe et identifier les données météo nécessaires pour les faire fonctionner en Wallonie ;
  • traduire ces modèles en code informatique pour automatiser les calculs avec les données météo en temps réel ;
  • vérifier sur le terrain si leurs prédictions correspondent à ce qu’on observe en Wallonie et, si nécessaire, les recalibrer ;
  • développer une interface web conviviale qui présente les prédictions de façon claire.

Déroulement

Le projet a débuté fin 2024 sous le nom Bioag-For-Wal avant de devenir BioFor en 2025-2026. Le projet se terminera début 2027. Nous prévoyons de continuer à récolter des données de vol journalières dans les années qui suivent afin de pouvoir vérifier et éventuellement recalibrer les prédictions des modèles.

Période

Étapes principales

2025

Revue des modèles existants en Europe. Accès aux données météo (IRM, Agromet). Implémentation complète des différents modèles existant sous forme de code informatique. Première comparaison des prédictions avec les captures du réseau de pièges de l’OWSF. Pièges automatiques (captures journalières) sur 4 sites wallons (+ relevés à Bruxelles). Suivi hebdomadaire des stades de développement sur des arbres abattus dans 4 sites.

2026

Pièges automatiques sur 6 sites. Suivi sur arbres abattus dans 5 sites, couvrant les deux premières générations. Développement d’une interface web de prédiction en temps réel.

 

Les principales méthodes utilisées sont :

  • Modélisation et données météo. Cinq modèles européens ont été implémentés en langage R. Ils utilisent les données historiques de l’IRM (grille de 5 × 5 km depuis 1984) et les données en temps réel du réseau de stations météo Pameseb, via la plateforme Agromet du CRA-W.
  • Données de piégeage existantes. Les prédictions des modèles ont été comparées avec plus de 10 ans de captures bimensuelles du réseau permanent de pièges de l’OWSF, sur une dizaine de sites wallons.
  • Pièges automatiques. Ces pièges à phéromones sont équipés d’un barillet qui change de pot de récolte chaque jour. Ce projet nous donne donc accès à des données de vol jour par jour (contre des données agrégées par 2 semaines pour le réseau OWSF)
  • Suivi sur arbres abattus. Des épicéas abattus dans des sites au climat contrasté sont inspectés chaque semaine. On y note la présence des différents stades : œufs, larves, nymphes, jeunes adultes et trous de sortie.

Résultats obtenus à ce jour 

  • Les modèles européens ont été analysés en détail et implémentés sous forme de code informatique. Les calculs peuvent être automatisés par exemple pour toutes les stations Agromet de Wallonie.
  • Pour une même année et un même endroit, les différents modèles peuvent donner des prédictions très différentes : jusqu’à plusieurs dizaines de jours d’écart pour le début des attaques au printemps.
  • Comparé aux captures de l’OWSF, le modèle autrichien PHENIPS prédit le mieux le début des vols au printemps mais certaines années d’autres modèles peuvent donner de meilleures prédictions, en particulier le modèle allemand PHENIPS-clim.
  • Les pièges automatiques montrent des vols qui semblent désordonnés au premier abord. Les modèles PHENIPS et PHENIPS-Clim aident considérablement à les interpréter : on y distingue la première génération, les générations « sœurs », etc.

Résultats attendus

des modèles adaptés à la Wallonie à partir des observations de terrain de plusieurs années ;

une interface web qui affiche, pour n’importe quel endroit de Wallonie, l’état de développement du scolyte sur base des données météo;

Partenaires

Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF), DNF (relevé de pièges, mise à disposition de sites et grumes),  ULB (expertise typographe, suivi des piégeages,…), Forest Research UK (pièges automatiques, modélisation), FVA (Allemagne : modélisation)

La plateforme Agromet maintenue et mise à disposition par le CRA-W  est également un outil indispensable à la réalisation de ce projet.

Financement

SPW

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