8 décembre 2014 Louis HAUTIER

Un nouveau facteur de stress chez les abeilles mellifères

Dans le cadre du Plan Maya, une étude a été menée par le CRA-W et le CARI (Centre Apicole de Recherche et d’Information) dans les ruchers wallons afin d’étudier deux facteurs potentiels de dépérissement des colonies d’abeilles : les pesticides et les virus.

Un nouveau facteur de stress chez les abeilles mellifères

Lors de cette étude, plus d’une centaine de colonies ont été suivies avant et après l’hivernage 2011-2012. A plusieurs reprises, des échantillons de miel, de pain d’abeilles et de cire ont été prélevés pour des analyses de résidus de pesticides, ainsi que des échantillons d’abeilles, pour des analyses virologiques. A la sortie de l’hiver, plusieurs colonies présentaient des symptômes de dépérissements (mortalité, disparition, perte de reine, problème de couvain) qui ne pouvaient être liés à des facteurs connus. Ces colonies ont toutes été rassemblées dans un groupe surnommé «groupe avec dépérissements». Les analyses virales révèlent que la charge ainsi que le nombre de virus dans ce groupe ne différaient pas significativement du groupe de colonies indemnes. Quant aux analyses de résidus, elles indiquent que les colonies sont contaminées non seulement par des acaricides et des insecticides, mais également par de nombreux fongicides. Pour les acaricides et insecticides, aucune différence significative du nombre de résidus par colonie n’a été observée entre les deux groupes, contrairement aux fongicides. Ces derniers étaient deux fois plus abondants dans le groupe avec dépérissements que dans le groupe indemne. De plus, en testant le poids des virus et des résidus d’acaricides-insecticides et de fongicides, les fongicides apparaissent clairement comme le seul facteur explicatif des dépérissements observés dans notre étude. Toutefois, le mécanisme conduisant à ces effets doit encore être éclairci. En complément à ces résultats, une analyse de l’occupation du sol indique clairement que la probabilité de dépérissement augmente avec la surface en culture autour des ruchers, alors que la relation inverse est observée avec la surface en prairie. Cette différence pourrait s’expliquer notamment par une fréquence de traitements phytosanitaires plus importante en culture qu’en prairie. Ces résultats questionnent sur les effets négatifs des fongicides sur les colonies d’abeilles et plus globalement sur la compatibilité du modèle intensif d’agriculture avec la préservation des pollinisateurs.

 

Projet subsidié par la Direction Générale Agriculture, Ressources naturelles et Environnement (SPW/DGO3), convention n° D32-0075.

Mise à jour 8 décembre 2014