SymBIOse Transfrontalière pour la recherche de techniques innovantes assurant la fertilité du sol et pour l’amélioration des filières grandes cultures et légumes Bio

SymBIOse Transfrontalière pour la recherche de techniques innovantes assurant la fertilité du sol et pour l’amélioration des filières grandes cultures et légumes Bio

Contexte

Face à la crise de l’agriculture conventionnelle en Europe, l’agriculture bio change d’échelle et représente une alternative crédible à la production actuelle. Les surfaces bios sont en pleine croissance sur l’ensemble de la zone France-Wallonie-Vlaanderen. Néanmoins, à l’exception de la Wallonie (avec 10% de la surface agricole utilisée) la bio ne représente que 1% de la SAU régionale.

Or, en Belgique, comme en France, la demande en produits biologiques atteint des niveaux record en 2016 (hausse de 20% du chiffre d’affaires d’achat de produits bios). Face à cette demande, des opérateurs économiques sollicitent les structures de développement pour augmenter les surfaces bios en particulier en protéagineux et en légumes de plein champ. Certains de ces opérateurs travaillent déjà à l’échelle des trois versants alors que d’autres cherchent à diversifier leurs approvisionnements géographiques. Force est de constater qu’un manque de coordination entre les opérateurs locaux et les agriculteurs existe.

Pourtant, des complémentarités existent au regard des particularités régionales :

  • En raison de ses conditions pédo-climatiques et son développement historique, la Flandre est une région qui a intensifié sa production légumière biologique de plein champs. Elle bénéficie ainsi d’une expérience significative dans ce domaine. Face à un marché très soutenu en légumes de pleins champs, cette le transfert de cette expertise sur l’ensemble de la zone transfrontalière offre des perspectives d’avenir pour les producteurs.
  • En France et en Wallonie les exploitations de grandes cultures et de polycultures dominent. C’est une source de production de protéines et de céréales pour l’alimentation animale. Sur un plan technique, les systèmes de cultures sans élevage ou légumières qui prédominent dans la région, doivent néanmoins faire face au manque d’azote organique. Ce déficit entraîne une dégradation de la fertilité des sols.

En contribuant à la fertilité biologique des sols et à la nutrition azotée des cultures, les légumineuses, soit comme engrais vert, soit comme protéagineux, sont des éléments clés pour assurer la fertilité de ses systèmes sans élevage.

Objectifs

Dans ce contexte, les objectifs de SymBIOse sont :

1 – Réunir et mettre en réseau les acteurs de la recherche, du développement technique et des filières en agriculture biologique pour stimuler l’innovation technique

Il s’agit de favoriser, au départ des besoins des acteurs des filières biologiques, en particulier des metteurs en marché, des coopératives, des transformateurs de céréales-protéagineux et de légumes de plein champ, l’adéquation entre les besoins du marché et la recherche / développement sur les légumineuses.

2 – Mutualiser, entre nos 3 régions, les chiffres de l’Observatoire de l’agriculture biologique afin de contribuer au mieux au développement de l’agriculture biologique. En effet, nous favorisons ainsi l’interconnaissance et l’analyse des besoins des filières biologiques tout comme nous stimulerons la coordination entre les organismes de développement bio.

3 – Innover techniquement pour favoriser la culture de légumineuses :

Compte-tenu des rotations légumières intensives en Flandre et les systèmes de cultures sans élevage qui dominent dans le nord de la France et en Wallonie, SymBIOse vise à optimiser l’utilisation des légumineuses afin de permettre à ces systèmes de culture de répondre aux nouvelles demandes du marché transfrontalier sans compromettre la fertilité de leurs sols, fragilisés par l’absence d’élevage.

En testant les modalités techniques d’implantation des légumineuses, en les validant et en mesurant leur impact sur la fertilité du sol, nous souhaitons en favoriser l’utilisation.

4 – Promouvoir et valoriser les innovations par une communication multi-acteurs optimisée.

Description des tâches

Module 1 : Développement de la filière

Au niveau de ce module, nous voulons mieux coordonner l'offre et la demande des produits biologiques. Dans la première phase, nous allons passer en revue la situation actuelle du marché de la zone du projet: qui sont les acteurs, ce qui est offert sur le marché et quelle est la demande. Cette vue d'ensemble du marché préliminaire sera mise à jour chaque année. Dans une deuxième phase, nous ferons une analyse SWOT du secteur des grandes cultures (céréales et légumineuses), et du secteur des légumes de plein champ au sein du réseau inter-régional créé. Cette analyse SWOT sera utilisée pour établir un plan d'actions pour la poursuite du développement des filières de commercialisation. Dans une troisième phase, nous allons organiser un réseau inter-régional d’opérateurs pour développer la filière à une échelle inter-régionale moyennant une concertation de filière.

 

Module 2 : Développer les cultures

Intensifier la présence de légumineuses dans les rotations engendre pour les acteurs des territoires un double problème d’ordre technique :

−   la maitrise de nouvelles techniques de culture notamment pour les cultures en association, les nouvelles espèces et les semis en relais

−   le positionnement des légumineuses dans la succession des cultures de la rotation au travers de leurs arrières effets sur le sol et les cultures suivantes.

L’objectif est ici d’associer scientifiques, conseillers et agriculteurs pour élaborer des réponses transfrontalières à ces déficits de références techniques en mobilisant deux grands types de légumineuses essentielles au fonctionnement agronomique et économique des rotations de cultures, y compris légumières, sans élevage.

  1. les légumineuses « à graines » cultivées en association ou en culture pure et destinées à la vente sur le marché de l’alimentation humaine ou animale ;
  2. les légumineuses « à feuille » cultivées en association avec la culture principale (plante compagne) ou en inter-culture (engrais verts) destinées à être incorporées au sol pour en maintenir la fertilité.

Trois dispositifs transfrontaliers sont mis en place pour rencontrer cet objectif :

  1. Un réseau de compétences sur base de la mise en commun des connaissances et de l’expérience des partenaires et des agriculteurs qui leurs sont associés pour capitaliser les acquis techniques des trois versants, construire les questions et solutions pertinentes, élaborer des protocoles communs, produire des résultats interprétables et communicables à l’échelle transfrontalière.
  2. Un réseau de parcelles de référence chez des agriculteurs répartis sur les trois versants. Ces parcelles sont cultivées par eux sur base de leur expérience locale et des recommandations du réseau de compétences.
  3. Un réseau de plateformes de démonstration d’itinéraires technique sécurisants et d’expérimentation à caractère scientifique éprouvant des innovations techniques encore à valider.

Résultats attendus

  • Un observatoire transfrontalier afin d’orienter les acteurs et filières ‘grandes cultures’ en agriculture biologique ;
  • Un réseau d’acteurs économiques favorisant la structuration de filières biologiques et la coopération à une échelle transfrontalière ;
  • Des références actionnables, développées et validées par et avec les agriculteurs sur l’ensemble de la zone transfrontalière quant aux schémas d’intégration des légumineuses dans les systèmes de cultures conduits en agriculture biologique, pour certains sans élevage.

Contribution

Le CRA-W contribuera et coordonnera le module 2 relatif au développement des cultures de légumineuses.

Coordinateur (CRA-W)

Equipe impliquée

Partenaires

  • INAGRO – Centre de recherches agricoles appliquées – Coordinateur
  • BIO FORUM Vlannderen
  • BIO WALLONIE
  • Agriculture Biologique en Picardie et GABNOR
  • CCBT
  • CRA-W – Centre wallon de Recherches agronomiques
  • Université de Picardie Jules Verne
  • Agro Transfert Ressources Territoires