Du
01 Septembre 2014
au
31 Août 2020

EMVI-PRAI

Le cycle de l’azote d’une prairie est fortement influencé par son mode de gestion. En effet, l’exportation d’azote par la fauche est importante alors qu’une répartition hétérogène des pissats et bousâts lors du pâturage peut induire des zones plus riches en éléments fertilisants au sein d’une même parcelle. Afin de mieux étudier la dynamique de l’azote sous couvert prairiale, plusieurs systèmes de bougies poreuses ont été installés. Deux axes de recherche sont pour le moment étudiés : 1. Impact du pâturage sur le transfert d’éléments minéraux vers la nappe phréatique. Cet objective vise, grâce à 5 systèmes de bougies poreuses implantés sur les parcelles du Vissac et pâturées par le troupeau laitier, de mieux caractériser les pratiques de pâturage permettant de limiter ces transferts vers les eaux souterraines. 2. Evaluation de l’impact environnemental de plusieurs pratiques de rénovation de prairie, tant d’automne que de printemps, afin d'objectiver les mesures du PGDA. Pour ce faire 8 modalités de rénovations seront testées durant 3 années consécutives grâce à 6 systèmes de bougies poreuses installés sur le site de Libramont. Le suivi en continu des teneurs en azote durant la période hivernale doit permettre de : • Mieux caractériser les flux de minéraux vers la nappe phréatique ; • Appréhender la dynamique de déplacement de l’azote (période, intensité, …) ; • Définir des modes de gestion des prairies (seuils de pâturage, épandages, techniques de rénovation …) permettant de limiter les risques de fuite d’azote vers les nappes.

Contexte

La prairie est une culture particulière tant dans son mode de gestion que dans ses techniques d’implantations. En effet, aussi bien temporaire que permanente, elle reste en place généralement plusieurs années. Elle peut également être exploitée de différentes manières au cours de sa vie mais également au cours de la saison. Uniquement fauchée ou pâturée, elle peut également être gérée en système de fauche-pâture.

De plus, la permanence du couvert prairial permet à la prairie de se développer dès et jusqu’à ce que les conditions lui sont favorables.  Elle valorise donc les ressources minérales tôt dans l’année jusque tard dans la saison, utilisant les dernières minéralisations de l’humus à l’automne. A contrario, le fort taux d’humus présent dans le sol prairial favorise une forte minéralisation en fin d’année, et donc un enrichissement naturel en nitrate du sol, lorsque les conditions météorologiques le permettent.

Afin d’optimiser au maximum son rendement, la prairie, qu’elle soit de fauche ou dédiée au pâturage, se doit d’être renouvelée à intervalle régulier. En effet, le couvert prairial n’est pas stable dans le temps.  L’évolution du couvert est influencée par de nombreux paramètres tels les pratiques agricoles (une sur-fertilisation est néfaste pour les légumineuses, chargement excessif, …), la compétition entre espèces, la présence de nuisible, …

La rénovation des prairies est, depuis peu, soumise à de nouvelles réglementations quant à ses conditions de destruction et de réimplantation. Le PGDA III (2014) autorise la destruction de prairie uniquement entre le 1er février et le 31 mai tout en interdisant l’apport de fertilisation sur quelque forme que ce soit durant les deux années suivant la destruction. En cas de réimplantation d’un couvert prairial, les légumineuses sont autorisées uniquement en mélange.

Hors ces limitations ne sont pas toujours en adéquation avec certaines pratiques agricoles consistant en une destruction fin d’été afin de profiter de la repousse d’automne pour l’implantation d’un nouveau couvert prairial.

La prairie pâturée est une culture à part entière, spécifique de par sa croissance et son exploitation en continu durant toute la saison, tant en fauche qu’en pâturage tournant ou continu. La gestion de celle-ci est d’autant plus complexe suite à une répartition hétérogène des restitutions animales durant le pâturage rendant par la même occasion l’azote présent dans le sol dispersé au sein de la parcelle. Lorsque l’on sait que la concentration en azote, et plus particulièrement en nitrate, d’un pissat correspond à plus de 1000kg de nitrate par hectare, la répartition hétérogène de ceux-ci avec de telles concentrations remettent la question la prise d’APL qui peut, en cas de mauvais échantillonnage, ne pas refléter l’état de santé de la prairie. 

L’ensemble de ces facteurs montrent l’importance et la difficulté de caractériser correctement les flux de minéraux en prairie pâturée.

Objectifs

L’objectif de ce projet est double. Il aborde la prairie tant sur l’aspect rénovation que sur celui du pâturage.

Le premier objectif est d’évaluer l’impact environnemental de plusieurs pratiques de rénovation de prairies, tant d’automne que de printemps. Pour ce faire, 8 modalités de rénovation seront testées durant 3 années consécutives.

  1. Labour de fin été/automne et semis avant le 15/9
  2. Labour de fin été/automne et semis avant le 15/9, apport de MO
  3. Labour de printemps
  4. Labour de printemps avec apport de MO
  5. Rotavator superficiel par temps sec, second passage au printemps
  6. Destruction du couvert, semis de printemps
  7. Labour de printemps avec semis sous-couvert
  8. Témoin (pas de rénovation)

Après la mise en place des systèmes trois années de suivi sont prévues pour les parcelles : 3 années de fauches et 2 années de fauche-pâture. Afin de prendre en considération les conditions climatiques, les rénovations seront réparties sur trois années consécutives (2 blocs par année)

Le suivi environnemental sera réalisé à l’aide de bougies poreuses (2 bougies par modalité.  Seules les 6 premières modalités en seront pourvues) et de mesures d’APL.

Le second objectif de ce projet est de caractériser le risque de transfert de minéraux, et plus particulièrement de l’azote, vers la nappe phréatique dans un contexte de pâturage.

De par la répartition hétérogène des pissats et bousats lors du pâturage, il est difficile d’évaluer correctement l’impact de ce dernier sur le transfert d’éléments minéraux vers la nappe phréatiques. Ce projet vise, grâce à plusieurs systèmes de bougies poreuses de mieux caractériser les pratiques de pâturage afin de limiter ces transferts vers les eaux souterraines.

Pour ce faire, 5 parcelles du site de Gembloux (bâtiment VISSAC), pâturées par le troupeau laitier, ont été équipées de 12 bougies poreuses chacune.  Ces bougies sont réparties en étoile à une profondeur de 60 cm. Les modes de gestion des parcelles sont répartis comme suit :

  • Deux parcelles en fauche-pâture : les parcelles sont débrailler et fauchées en première coupe et ensuite pâturées le reste de la saison ;
  • Deux parcelles en pâture : les parcelles sont pâturées toute la saison ;
  • Une parcelle de fauche uniquement servant de témoin.

L’ensemble des travaux ainsi que les périodes de pâturages sont enregistrées afin de réaliser le bilan minéral le plus précis possible de chaque parcelle. Ce dernier étant mis en relation avec les teneurs récoltés dans les eaux souterraines obtenus via les bougies poreuses.

D’autres mesures types respirètrométrie ou/et mesures de GES du sol sont également envisagés.

Description des tâches

Les différentes tâches sont réparties en deux modules de travail :

  • Mise en place et suivi de l’essai qui reprennent :
    • L’installation et la calibration des systèmes de bougies poreuses ;
    • La gestion des systèmes prairiaux : pâturage sur Gembloux et rénovation sur Libramont ;
    • Le suivi durant les cinq années après la mise en place ;
  • L’analyse et le traitement des données ;
  • La diffusion des résultats sous forme d’article de vulgarisation et d’articles scientifiques.

Résultats attendus

Le suivi en continu des teneurs en azote durant la période hivernale doit permettre de :

  • Mieux caractériser les flux de minéraux vers la nappe phréatique ;
  • Appréhender la dynamique de déplacement de l’azote (période, intensité, …) ;
  • De définir des modes de gestion de prairies (seuils de pâturage, épandages, …) permettant de limiter les risques de fuite d’azote vers les nappes.

Contribution

U6/U7 : coordination Virginie DECRUYENAERE

Le troupeau laitier (U6) et les prairies (U7) sont gérés par les équipes du Vissac. Ils ont en charge de :

  • La tenue du calendrier de pâturage : comprend les enregistrements de toutes les actions réalisées sur les parcelles : pâturage, fertilisation, sursemis, …
  • La collecte des échantillons d’eaux

Collaborateur scientifique : Marion Chartier, Elise MONTFORT, Éric FROIDMONT

U9 : Véronique Reuter

L’analyse de l’eau (au niveau de l’azote) est réalisée par le laboratoire de l’unité 9.

U10 : Nathalie DUCAT

Les échantillons d’eau sont analyses par l’U10 afin de déterminer leur teneur en produits phytosanitaires liés à l’application d’herbicide sélectif en début de projet.

U11 : Coordination Sylvain HENNART

L’U11 est responsable du projet.  Elle coordonne les différentes actions à mener, calibre les systèmes de bougies poreuses, valide les données récoltées, rédige les rapports et articles.

L’équipe technique de l’U11 basée à Libramont est mobilisée pour l’installation et le suivi des systèmes. L’U11 est également en charge de la compilation, l’interprétation et la diffusion des résultats.

Personnel impliqué : Didier Stilmant, Viviane Planchon, Yves Seutin, Adrien Lambert, Julie Pirson, Roger Pittie, Didier Pittie

Financement

  • CRA-W - Centre wallon de Recherches agronomiques

Equipe

Marion CHARTIERVirginie DECRUYENAERENathalie DUCATEric FROIDMONTRodolphe GERADINSylvain HENNARTAdrien LAMBERTJulie PIRSONDidier PITTIERoger PITTIEVéronique REUTERYves SEUTINDidier STILMANT

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