22 Juin 2026

Retour sur un séminaire qui questionne nos pratiques

Le 2 juin dernier, le CRA-W a accueilli sur son site de Libramont une vingtaine de chercheurs, conseillers et animateurs autour d’un enjeu central : comment expérimenter autrement, à plusieurs, en agriculture ?

Dans un contexte de transition agroécologique, où les défis sont complexes et les incertitudes nombreuses, les expérimentations collectives s’imposent de plus en plus comme un levier incontournable. Mais que recouvrent-elles réellement ? Et à quelles conditions tiennent-elles leurs promesses ?

Des expérimentations collectives… mais pas sans défis

Quatre regards complémentaires ont nourri les échanges :

Un constat partagé s’est dégagé : L’expérimentation collective ne se réduit pas à un dispositif technique. Elle engage des relations, des postures, des arbitrages… et souvent des tensions.

Entre collaboration et tensions

Les discussions ont rapidement mis en lumière plusieurs enjeux clés :

  • Des attentes différentes entre chercheurs, agriculteurs et institutions
  • La nécessité de clarifier les rôles et les objectifs dès le départ
  • L’équilibre délicat entre rigueur scientifique et prise en compte des savoirs de terrain
  • Le rôle central des échanges entre pairs, souvent moteur d’engagement

Les participants ont également souligné que les agriculteurs ne sont pas uniquement des “bénéficiaires” des expérimentations, mais bien des co-producteurs de connaissances, voire de véritables “agriculteurs-chercheurs”.

 Apprendre autrement : l’importance du collectif

Au cœur de ces démarches, l’apprentissage ne suit pas une trajectoire linéaire. Il se construit dans l’action, l’observation, les échanges — et parfois même dans les désaccords.

Les expérimentations collectives permettent ainsi :

  • de croiser des savoirs scientifiques et empiriques,
  • de mieux prendre en compte la diversité des contextes,
  • et de produire des connaissances plus situées et appropriables.

Mais elles exigent aussi du temps, des compétences relationnelles et une capacité à naviguer dans l’incertitude.

Face à la pluralité des acteurs et des points de vue, une idée a émergé : celle d’un chercheur qui ne se limite plus à produire des données, mais qui facilite les dialogues, explicite les désaccords et construit des compromis.

Une posture exigeante, encore peu reconnue, mais pourtant essentielle pour faire tenir ensemble exigence scientifique et dynamique collective.

Une dynamique à poursuivre

Au-delà des apports théoriques, ce séminaire a surtout offert un espace rare pour partager des pratiques, des doutes et des expériences de terrain — souvent complexes, parfois inconfortables, mais toujours riches d’enseignements.

Au vu de l’enthousiasme suscité, la dynamique ne demande qu’à se poursuivre.
Vous souhaitez rejoindre les échanges ou partager vos propres expériences ? N’hésitez pas à nous contacter ! 

Et vous, dans vos dispositifs, comment le collectif transforme-t-il vos manières d’expérimenter… et de produire des connaissances ?

 

À retenir

Les expérimentations collectives = un levier clé pour l’agroécologie
Mais aussi des dispositifs exigeants et parfois conflictuels
Importance de reconnaître l’agriculteur-chercheur
Besoin de nouvelles postures, dont celle du chercheur diplomate
Des connaissances plus riches mais plus situées et complexes