Développement et mise en place d’un indicateur de risque de transfert des produits phytopharmaceutiques (PPP) vers la ressource en eau (souterraine et de surface).

La pression sur la ressource en eau potable est de plus en plus accrue, tant sur la quantité que la qualité. Les pesticides utilisés en agriculture associés à la problématique des nitrates présentent en effet une menace grandissante vis-à-vis des captages. Le présent projet a pour objectif de développer et de mettre en place au niveau régional un indicateur de risque de transfert des PPP vers la ressource en eau. Le but final étant de pouvoir l'utiliser afin d’analyser de manière quantitative et tangible les progrès en terme de réduction de l’utilisation des pesticides tant au niveau de l’exploitation agricole qu’au niveau de la mise en place de politiques publiques.


Contexte

La Directive européenne 2009/128/CE instaure aux états membres un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation raisonnée des pesticides (herbicides, fongicides et insecticides) afin d’assurer une compatibilité avec le développement durable et une préservation de l’environnement. Au niveau fédéral, la rédaction et la réalisation du plan d’action national NAPAN (Nationaal Actie Plan d’Action National) constituent le point central de l’application de cette directive. D’un point de vue régional, via la deuxième version du programme wallon de réduction des pesticides (PWRPII 2018-2022), la Wallonie s’engage clairement dans une politique forte de prévention en vue de limiter l’impact des pesticides sur l’environnement et la santé humaine.

L’utilisation de produits phytopharmaceutiques a contribué fortement à l’intensification de l’agriculture et à l’augmentation de la production agricole, mais a également engendré une contamination de l’environnement et en particulier de la ressource en eau. Le suivi de l’état chimique des différentes masses d’eau de surface (constitutives des bassins hydrographiques) et l’analyse récente de l’état patrimonial des eaux souterraines montrent depuis un certain nombre d’années des contaminations en PPP au niveau wallon. Une présence prédominante des herbicides est également observée au niveau des résultats du réseau de surveillance établi dans le cadre de la Directive cadre sur l’eau (DCE). Ces différentes constatations ont pour conséquence, une diminution, via leur fermeture, du nombre de captages potentiellement utilisables pour la production d’eau potable. 

Dans ce cadre, le projet INDICeau a pour but le développement et la mise en place d’un indicateur de risque de transfert des produits phytopharmaceutiques vers la ressource en eau (souterraine et de surface). Au niveau régional, cet indicateur pourrait être déterminé pour un ensemble de parcelles, une exploitation agricole ou un territoire et comparé à une valeur de référence ou historique. Au niveau du cultivateur, il devrait permettre d'évaluer les progrès en termes de réduction de l'utilisation des PPP et également de situer ses pratiques au regard de celles du territoire afin d’identifier les améliorations possibles.

Objectifs

  • Inventaire des indicateurs existants et analyse critique au contexte wallon (évaluation du coût/bénéfice);
  • Définition des paramètres régionaux pertinents, du mode de calcul et des références à l’échelle de la parcelle, de l’exploitation ou du territoire;
  • Essai et validation de l’indicateur en fonction de l’objectif régional;
  • Conseil personnalisé à l’agriculteur sur base de l’indicateur en comparaison à la moyenne régionale pertinente.

Coordinateur (CRA-W)

Equipe impliquée

Partenaires

PROTECT'eau asbl