Potentialités offertes par les produits stimulant l'activité microbienne des sols en prairies permanentes

Potentialités offertes par les produits stimulant l'activité microbienne des sols en prairies permanentes

Les prairies permanentes accumulent des quantités non négligeables de matière organique dans l'horizon superficiel du sol.

Bien que cette accumulation joue un rôle positif en freinant l'augmentation des concentrations en CO2 dans l'atmosphère, il peut être intéressant de stimuler sa minéralisation afin de rendre différents nutriments disponibles pour le couvert en place, limitant d'autant plus les amendements nécessaires. C'est dans ce cadre que l'efficacité de deux grands types de produits - les uns cherchant à stimuler l'activité de la micro-flore et de la micro-faune du sol sous forme d'amendements calcaires (produits proposés par les firmes TMCE et PRP), les autres réalisant des apports directs d'un cocktail de micro-organismes (Produits tels que le Mycosol et le Bacteriosol) - a été évaluée par le CRA-W, avec le soutien de la Wallonie, durant 3 années dans une prairie permanente située à Laneuville (Libramont). Dans ce cadre, la prairie de fauche n'a pas reçu d'apport ni en phosphore ni en potasse si ce n'est au niveau de la modalité fertilisée avec 30 tonnes de fumier par hectare et par an. Les apports en azote ont, quant à eux, varié entre 0 et 120 kilos par hectare et par an en fonction de la modalité considérée.

Au terme des 3 années de suivi, force est de constater que les produits testés ne sont pas parvenus, en comparaison avec un témoin sans apport, à enrayer la réduction des teneurs en phosphore et potasse présents dans le sol suite aux exportations réalisées par les fauches successives. Néanmoins, comme illustré ci-contre, un effet sur les rendements moyens, variant entre 8300 Kg MS/ha sans apport de produits et 9600 kg MS/ha avec l'application de Mycosol, a pu être mis en évidence sans impact sur la qualité des biomasses récoltées. Au niveau des produits à base d'amendements organiques, c'est le Mycosol, avec environ 12% de potasse et 7 % d'azote, qui se détache alors que le PRP, pauvre en ces différents éléments, semble intéressant pour les amendements calcaires. Ces effets se marquent aussi bien en absence qu'en présence d'un apport d'azote. Ils sont atténués suite à l'apport d'engrais organique. Mais ces gains sont-ils économiquement intéressants ? Si l'on prend en compte le coût de ces matières, la tonne de matière sèche supplémentaire récoltée revient à 100, 260, 340 et plus de 500 € respectivement avec le Mycosol, le PRP, le Bacteriosol et le TMCE. Il y a donc lieu de réfléchir à deux fois : suivant l'intérêt de la profession, ces essais pourront être réitérés avec un apport modéré d'amendement phospho-potassique afin de définir si les effets mis en évidence se confirment.

Ce Projet a été subsidié par le Ministère de la Wallonie, DGARNE, Direction du Développement et de la Vulgarisation.

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