TRANSAE

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Accompagnement transfrontalier des systèmes agraires à la co-définition et l'adoption de pratiques plus agro écologique - focus sur système en recherche de plus d'autonomie -- INTERREG. Deux parties: Grandes cultures et élevages (Réseautage = participatif)

Contexte

L’agriculture occupe une place très importante dans les paysages du territoire transfrontalier, avec des impacts tant sur la préservation des ressources naturelles (eau, biodiversité, sol) ou du climat que sur le maintien de la capacité même du territoire à assurer les niveaux de production des biomasses actuellement observés. De nombreux travaux scientifiques comme de nombreuses politiques publiques mises en place témoignent de cette situation. Trouver des réponses à ces problématiques constitue un enjeu primordial partagé sur l’ensemble du territoire transfrontalier.

L’agriculture est citée comme un secteur à fort potentiel d’innovation. Bien que ce secteur ait fait une véritable révolution depuis quelques décennies, il n’en reste pas moins qu’il va devoir mettre en œuvre une nouvelle transition avec l’adoption de pratiques plus agro-écologiques, plus durables. Dans ce cadre, une attention toute particulière doit être apportée au sol, véritable laboratoire biologique, support de toute production, qui à ce jour a principalement été appréhendé comme un support ‘inerte’ et non comme un support vivant. Or c’est bien à travers les sols, en prenant en compte leur capacité de production de biomasses mais également de nombreuses aménités, que l’agriculture répondra aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de demain. De même, l’élevage sera abordé par l’angle de l’autonomie, permettant une réponse globale dans ce secteur.

L’agro-écologie est une démarche qui, en adaptant des principes écologiques en agriculture, engage ce secteur vers une meilleure efficacité énergétique, une réduction des émissions de gaz à effet de serre, la protection de l’eau, des sols et de la biodiversité. L’agro-écologie constitue également une agriculture résiliente économiquement et pourvoyeuse d’emploi. Cette agriculture est mise en œuvre à travers des pratiques telles que les techniques de préservation de sols comme le semis direct, l’agriculture biologique, l’autonomie alimentaire en élevage en mobilisant, notamment, les ressources offertes par les légumineuses, les arbres fourragers, etc. C’est une agriculture avec une approche systémique, très peu développée sur le territoire du programme ; seuls quelques pionniers maîtrisent la finalité de ce système et engagent progressivement leur exploitation.

Les facteurs qui expliquent que cette agriculture soit encore très peu développée sont : (1) une approche du système non pas basée sur une dépendance aux intrants mais bien sur une valorisation des services rendus par l’agro-écosystème et, dès lors, un faible investissement de l’agro-fourniture ; (2)  un manque de références techniques localisées, adaptées, au cas par cas, à la diversité des conditions de sol et de climat et, dès lors, une plus grande complexité de l’accompagnement de ces structures ; et (3) un contexte socio-économique, avec notamment un prix de l’énergie fossile bas, privilégiant le volume de production plutôt que les marges.

Bien que le contexte évolue rapidement depuis une décennie, tant sur un plan économique que sociétal, l’agro-écologie peine à se développer. Pourtant, les agriculteurs avant-gardistes sont enclins à partager et objectiver leurs pratiques alors qu’autour d’eux des réseaux d’agriculteurs en questionnement veulent évoluer et franchir le pas.

Objectifs

L’objectif général de TRANSAE est, afin d’engager et de soutenir la transition vers l’agroécologie, de fédérer et d’accompagner les agriculteurs pionniers afin de capitaliser et d’objectiver leurs savoirs et de le rendre accessible au plus grand nombre.

Description des tâches

Module 1 : Méthodologie d’accompagnement aux changements de pratiques

L'objectif global de ce module est de développer un cadre pour le développement de l’agro-écologie. Ce cadre abordera deux caractéristiques fondamentales : la méthode d’accompagnement d’agriculteurs en transition vers des pratiques plus agro-écologiques et l’intégration du contexte global (social, économique, politique et personnel) de nature à promouvoir cette transition.

D’une part, il s’agira de développer et analyser une méthodologie participative pour faciliter la mise en relation des agriculteurs pionniers, des experts, des scientifiques à l'échelle tant locale qu'interrégionale afin de développer la transmission et l’appropriation des innovations agro-écologiques. La méthodologie participative sera basée sur une approche pluridisciplinaire qui intégrera  les différents types de connaissances : connaissances scientifiques multiples, connaissances expertes et tacites. L’inter-fécondation des connaissances locales et scientifiques permettra de créer  les conditions d’apprentissage nécessaires à la compréhension et conduite de systèmes complexes. De plus, impliquer des agriculteurs dans la dissémination de l’information et dans la mise en œuvre des activités de démonstration est reconnu pour être très efficace lorsqu’il s’agit de mobiliser de nouvelles connaissances, des pratiques novatrices et des compétences entrepreneuriales dans la communauté agricole

D’autre part, il s’agira d’intégrer les freins et les leviers du contexte (technique, administratif, socio-économique, socio-politique), qui seront identifiés dans le prochain module, dans cette méthodologie d’accompagnement afin de faciliter les transitions vers des pratiques plus agro-écologiques. Cela nécessitera de prendre en compte la perception des différents acteurs des filières et des territoires par rapport à l’implémentation de pratiques agro-écologiques.

 

Module 2 : Analyse sociologique et technique des exploitations et co-définition des plans d’amélioration

L’objectif général de ce module vise à caractériser et comprendre, avec des groupes transfrontaliers d’agriculteurs adoptant des pratiques plus agro-écologiques :

  • D’une part,  leur trajectoire ainsi que les freins et leviers rencontrés dans la mise en œuvre de ces pratiques ;
  • D’autre part, les performances et la cohérence de leur système en lien avec leurs  pratiques pour aboutir à un plan d’amélioration basé sur les principes agro-écologiques. Entre 10 et 15 exploitations seront mobilisées par versant.

Afin d’atteindre cet objectif, les actions suivantes seront menées :

(1) Constitution de groupes transfrontaliers d’agriculteurs, sur base des problématiques communes partagées (fertilité des sols, autonomie fourragère, etc) ;

(2) Caractérisation des trajectoires avec identification des freins et leviers ;

(3) Réalisation des diagnostics ‘durabilité’ par groupe d’exploitants réunis par problématiques communes, mise en lien transfrontalière des performances enregistrées avec les pratiques mobilisées par les exploitants ;

(4) Définition des plans d’amélioration des pratiques : préalables,  itinéraires techniques, résultats attendus.

 

Module 3 : Capitaliser les plans d’amélioration et expérimenter des nouvelles pratiques agro-écologiques

L’objectif général de ce module est double. Il vise :

  • d’une part, à décrire et objectiver les innovations mobilisées et mises en œuvre par les exploitants précurseurs des réseaux impliqués dans le projet afin de les communiquer et diffuser sur l’ensemble de la zone transfrontalière en mobilisant, si besoin, des experts au-delà des frontières de cette zone.
  • d’autre part, à expérimenter avec quelques exploitants des pratiques totalement innovantes pressenties comme une étape supplémentaire dans l’amélioration de ces systèmes : réduction du travail du sol avec pour finalité sa disparition dans des systèmes en agriculture biologique, diversification des cultures associées dans des couverts ou des cultures commerciales.

Afin d’atteindre ces objectifs généraux, les actions suivantes seront mises en œuvre :

(1) Objectivation, sur base d’indicateurs technico-agronomiques, des performances et de l’impact des pratiques mises en œuvre sur, en fonction des systèmes, (1) la vie et fertilité du sol, la dynamique des parasites et maladies, la quantité et qualité des cultures, (2) la quantité et qualité des fourrages, la santé et les performances animales,…

(2) Mise en œuvre d’expérimentations pour les itinéraires techniques les plus innovants. Ces essais seront des supports à des tours de champs/d’étable et les résultats obtenus seront largement diffusés, après une validation croisée entre les versants, au profit de l’ensemble du secteur.

 

Module 4 : Transmettre et développer

Dans le cadre de ce module, l’objectif sera de transmettre l’ensemble les acquis vers le deuxième cercle d’agriculteurs pour les engager vers des systèmes et pratiques agro-écologiques.

Résultats attendus

Des références actionnables, développées et validées par et avec les agriculteurs sur l’ensemble de la zone transfrontalière ainsi qu’une méthodologie permettant d’accompagner la transition des systèmes à l’adoption de pratiques plus agro-écologiques.

Contribution

Le CRA-W contribuera à l’ensemble des modules et assurera, avec le CEDAPAS, la coordination du 2ème module.

Partenaires

  • Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale – Coordinateur
  • APAD62 – Association d’agriculteurs visant à développer le semis direct
  • CEDAPAS - Association d’agriculteurs s’engageant dans des démarches d’agriculture durable
  • Université de Picardie Jules Verne - Unité de recherche EDYSAN
  • INAGRO – Centre de recherches agricoles appliquées
  • ILVO – Institut de recherches sur l’agriculture et la pêche
  • CRA-W – Centre wallon de Recherches agronomiques

Financement

  • CE - Politique régionale - INTERREG V

Equipe

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