Micropropagation de Rosacées fruitières, ornementales et forestières
18 avril 2016 Philippe DRUART
Recherche Developpement Culture in vitro Phytopathologie Phytotechnie Production végétale u1 article

Contexte

La micropropagation s’avère très efficace pour la multiplication conforme, rapide et en grand nombre de plantes sélectionnées pour leurs propriétés agronomiques intéressantes : porte-greffe et variétés fruitières nouvelles, sélections clonales forestières, ligneux ornementaux à floraison ou port particuliers. Les pépiniéristes fruitiers ont besoin de matériel végétal indemne de virus pour approvisionner les arboriculteurs. La culture de méristèmes permet d’éradiquer les virus et de construire des parcs à bois sain. Ce matériel végétal doit aussi être préservé de toute nouvelle contamination en attente des diagnostics d’indexage. Nos travaux contribuent à la ma mise en œuvre de filières de production de plants sains.

Description des tâches

Assainissement viral des espèces fruitières Le prélèvement direct de méristèmes (0.1 mm) à partir des bourgeons végétatifs de rameaux en post-dormance conduit à l’éradication de la plupart des virus qui contaminent les cerisiers, pruniers ou pommiers. Certains tels que le Necrotic Ring Spot Virus (NRSV) et le Prune Dwarf Virus (PDV) chez les Prunus, nécessitent cependant de pratiquer un second prélèvement de méristèmes sur des microboutures en thermothérapie réalisée in vitro. En période de croissance active, les cultures sont établies à partir de nœuds; le prélèvement des mériclones étant alors postposé. Production de matériel sain La méthode qui consiste à sortir les mériclones sur leurs propres racines nécessitent parfois plusieurs années. Le greffage de microboutures ex vitro sur des porte-greffes sains issus d'in vitro, soit directement soit après multiplication classique (bouturage, mini-macrottage), assure le transfert des mériclones en serre dès l'obtention des premiers bourgeons axillaires et réduit le temps de séjour in vitro à quelques mois au lieu d’1 à 2 ans. Bien que la méthode de micropropagation en masse de matériel fruitier sain ait été mise au point dans nos laboratoires pour un très grand nombre d’espèces et génotypes (plus de 500) de Rosacées diverses, toute nouvelle acquisition représente une opportunité d’optimiser les différentes phases de culture (successivement le bourgeonnement axillaire, l’élongation des pousses, l’enracinement, l’acclimatation). Il s’agit aussi de toujours mieux maîtriser certains problèmes physiologiques récurrents tels que l’hyperhydricité et les nécroses d’apex par exemple, la formation du système racinaire in ou ex vitro et la croissance des plantules en acclimatation en vue d’améliorer la qualité des vitroplants. Alternatives à la micropropagation La micropropagation reste une technique coûteuse et mise en œuvre par des laboratoires spécialisés. Il y a donc lieu de rechercher des méthodes de multiplication alternatives lorsque la plus-value des vitroplants est insuffisante comparativement aux graines, boutures ou marcottes. De plus, la juvénilité des vitroplants favorise le bouturage. Une fois les pieds-mères miniaturisés en serre, les boutures sont récoltées toute l’année pour une polyclonale de merisiers élites. Dans ces conditions, la production a atteint 1500 plants par m2 de tablette chez le prote-greffe de cerisier Camil. Le drageonnement et le marcottage du porte-greffe de pommier Kl 29 est en cours d’évaluation en serre. Conservation des mériclones Les souches méristématiques doivent être maintenues in vitro le temps nécessaire à l’indexage biologique au champ. Elles le sont actuellement en croissance ralentie à +2°C pour une période de 2 à 4 ans selon l’espèce. Une conservation à plus long terme doit être recherchée pour pallier toute résurgence ou nouvelle contamination virale en parcs à bois. Une technologie de cryoconservation de bourgeons est envisagée. Indexage virologique in vitro L’élimination des virus n’est définitivement confirmée qu’après plusieurs années d’indexage au champ. Les analyses moléculaires effectuées au CRA-W sont utilisées pour détecter certains virus précocement. Elles ne se substituent toutefois pas au diagnostic biologique. Avec le NRSV, le microgreffage in vitro de microboutures, contaminées sur l’indicateur « Shirofugen » provoque la nécrose du point de greffe endéans 10 jours.

Résultats attendus

- Détection des mériclones sains par criblages biologique et moléculaire in vitro. - Cryoconservation des mériclones - Caractérisation du comportement des vitroplants

Coordinateur (CRA-W)

Equipe impliquée

Partenaires

Ir S. Steyer, CRA-W