Les variétés de colza hybrides, une réalité

Jean-Pierre GOFFART
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Les variétés de colza hybrides, une réalité

Depuis le regain d’intérêt amorcé au début des années 80 pour la culture du colza en Wallonie, des innovations importantes et continues ont marqué la sélection variétale en matière de productivité et de qualité de la graine. De nombreux essais variétaux annuels ont été réalisés en Wallonie par le CRA-W, en collaboration avec la DGARNE du SPW.

La sélection a abouti d’une part à la création de variétés « simple zéro », sans acide érucique, soupçonné de provoquer des troubles cardio-vasculaires, et d’autre part à des variétés « double zéro », sans acide érucique et à faible teneur en glucosinolates, ayant un effet antinutritionnel surtout pour les animaux monogastriques. A l’échelle européenne, la reconversion des colzas 0 en colza 00 a été très rapide et dès 1990 était totale en Belgique.

Ensuite sont venues les variétés hybrides menant à des rendements supérieurs suite à l’effet hétérosis. L’obtention de variétés hybrides « restaurées » nécessite d’une part une lignée male-stérile et d’autre part une lignée produisant du pollen qui contient le matériel génétique assurant la restauration de la fertilité de l’hybride produit. En Belgique les premières variétés hybrides « restaurées » commercialisées en 1997 étaient issues du système MSL développé par la société allemande NPZ-Lembke. Les hybrides issus du système Ogu-INRA mis au point en France sont arrivés un peu plus tard, en 2000.

Les agriculteurs ont pu profiter dès 1994 de l’avantage du caractère hybride grâce à des associations variétales composées de 80 % d’hybrides males stériles et de 20 % d’une lignée pollinisatrice. Synergy en a été le premier modèle dénommé « composite hybride – lignée ou CHL » et a été relativement fortement cultivé en Belgique. Pour favoriser la formation du fruit après fécondation, le pourcentage de pollinisateurs est ensuite passé de 20 à 30 %. Diverses associations variétales ont suivi Synergy, certaines possédant le même male stérile mais des lignées pollinisatrices différentes. On peut estimer aujourd’hui que la quasi-totalité des colzas semés en Belgique sont des variétés hybrides.

La sélection des variétés hybrides a porté également sur la limitation de l’élongation de la tige en automne menant à une meilleure résistance à l’hiver lors d’automnes cléments et propices à un développement important avant l’hiver. Une plus grande résistance à l’égrenage apparaît aussi dans les hybrides, permettant d’atteindre la maturité de l’ensemble des siliques, sans risque de perte préalable des graines via les premières siliques matures.

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