22 Septembre 2022

Quelles pratiques pour limiter le ruissellement érosif ?

Les coulées de boues sont un problème récurrent dans certaines zones rurales de Wallonie. Comment améliorer la prise de décision en termes de pratiques et d’aménagements à mettre en place pour en limiter le risque ?

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Le projet Intell’eau a pour objectif final de développer un outil cartographique d’aide à la décision (OAD) relatif à la mise en œuvre de mesures de conservation des eaux et des sols tant au niveau des parcelles agricoles qu’au niveau des transitions entre parcelles. Il vise ainsi à optimiser l’usage de ces techniques en prenant en compte leurs effets combinés pour limiter le risque de ruissellement et de pertes en terre et en résidus de pesticides, à l’échelle de petits bassins versants agricoles. Cet outil sera mis à disposition des conseillers agricoles et des agriculteurs. À côté du CRA-W, l’ULiège - Gembloux Agro-BioTech, l’UCLouvain et le CIPF sont également partenaires du projet.

La première phase du projet (2021-2023) est focalisée sur la quantification de l’impact de mesures de réduction du ruissellement érosif. Certaines techniques, comme par exemple les bandes enherbées ou les techniques culturales sans labour, ont déjà été largement étudiées. D’autres, plus innovantes, nécessitent des mesures au niveau du terrain, à l’image des bandes de miscanthus, des sous-semis en maïs ou des prébuttes d’été en pommes de terre. Le projet s’appuie dès lors sur une revue bibliographique pour rassembler toutes les données pertinentes existantes, et sur des mesures in situpour les techniques moins documentées.

Parmi les aménagements innovants évalués sur le terrain en 2021, pour ne citer que ceux-là, la bande de miscanthus et le taillis à très courte rotation de saule apparaissent comme des aménagements interparcellaires efficaces pour retenir les flux d’eau boueuse, en plus de leur fonction productive (en biomasse essentiellement). En termes de pratiques agricoles, le strip-till (travail de la ligne de semis uniquement), bien qu’encore très peu adopté dans nos régions, démontre d’un haut potentiel pour conduire une culture de maïs en système de travail du sol simplifié.

Plusieurs mesures innovantes de réduction de l’érosion apparaissent d’ores et déjà comme prometteuses pour venir compléter les mesures existantes. D’autres sont encore à l’étude. L’outil d’aide à la décision qui sera développé au terme du projet Intell’eau devrait permettre de mieux quantifier l’impact de différentes mesures prises isolément ou en combinaison, et ainsi d’identifier les actions les plus efficaces à entreprendre, dans un contexte personnalisé.

Equipe

Alodie BLONDELBruno HUYGHEBAERT

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