9 novembre 2015 Michel DE PROFT

LA CÉCIDOMYIE ORANGE DU BLÉ Et autres cécidomyies des céréales

LA CÉCIDOMYIE ORANGE DU BLÉ Et autres cécidomyies des céréales

LA BELLE HISTOIRE…

Jusqu’au milieu des années 2000, la cécidomyie orange du blé n’avait guère fait parler d’elle en Belgique. Pourtant,

à travers quelques « évidences » observées dans des essais de plein champ, Jean-Luc Herman et Luc Couvreur

(CRA-W) avaient déjà attiré l’attention sur les nuisances possibles de ce petit diptère dans les régions céréalières

de Wallonie. Insensiblement, la question s’est mise à habiter l’esprit des entomologistes, d’autant plus qu’à cette

époque, des informations provenant principalement d’Angleterre -juste de l’autre côté de la Manche !- indiquaient

que la cécidomyie orange était vraisemblablement le ravageur le plus nuisible du blé.

L’occasion d’entamer des travaux structurés sur cet insecte s’est présentée au printemps 2005, lorsqu’un industriel,

venu pour toute autre chose, nous a négligemment déposé quelques capsules de phéromones de cécidomyie

orange en déclarant que si ça « pouvait nous amuser », il en était ravi. Premiers déploiements de pièges en 2005 et

2006, et premiers résultats tranchants : chaque piège peut capturer des centaines d’individus en une seule soirée

de vol. Les pièges à phéromones permettent enfin de visualiser le petit ravageur fantôme ! Sur une même plaine,

certains champs s’avèrent très infestés, d’autres très peu, et au sein d’un même champ, l’infestation est quasi

homogène. Il y a donc des champs sources, d’autres pas, et l’infestation est intimement liée à l’histoire de la parcelle.

Qu’en est-il du risque ? Peut-on prévoir les dates d’émergence ? Quid des déplacements ? Comment utiliser la phéromone

sexuelle pour évaluer le risque ? Pour tenter de répondre à ces questions, un projet de recherche a obtenu

le soutien financier de la Région wallonne (DGO 3, DGARNE). Guillaume Jacquemin a pu entamer les vrais travaux,

lesquels ont été poursuivis à partir de 2011 par Sandrine Chavalle. Parallèlement, Florence Censier, après son TFE

sur le même sujet, a obtenu une bourse FRIA pour un projet visant à étudier la cécidomyie équestre. Cette espèce

n’avait plus été signalée en Belgique depuis 40 ans. Comme sortie de nulle part, elle était à nouveau observée dans

tout le pays et commettait de gros dégâts dans certains champs proches de la côte.

Des agronomes de terrain ont perçu l’importance du problème et ont posé les bonnes questions. La découverte

d’une phéromone a servi de déclencheur. Un projet a mûri et obtenu le financement nécessaire. Puis, la passion,

le travail des chercheurs et des techniciens ont fait le reste. Voilà les ingrédients de la belle histoire qui vous est

racontée dans les pages qui suivent.

 

 

Mise à jour 9 novembre 2015