5 juil. 2007 Brice DUPUIS
Recherche Biologie moléculaire Microbiologie Phytopathologie Production végétale Organismes nuisibles et maladies article

Contexte

Ce projet a été mis en place à la demande des producteurs de plants de pomme de terre confrontés, de plus en plus fréquemment, à d’importants dégâts occasionnés par des bactéries pectinolytiques du genre Erwinia. Ces dégâts peuvent toucher les productions en parcelles (symptômes de jambe noire ou de flétrissements pouvant atteindre plus de 10 % des plantes - photo 1) mais également durant la conservation ou le transport des produits vers les clients (pourritures molles des tubercules pouvant causer la destruction complète d’un lot – photo 2). Il s’en suit des pertes financières très élevées par réduction ou destruction de la production ou par diminution de sa qualité.
Photo 1 : Symptôme de jambe noire visible au champ - Photo 2 : Pourritures molles des tubercules causées par Erwinia
Photo 1 : Symptôme de jambe noire visible au champ - Photo 2 : Pourritures molles des tubercules causées par Erwinia

Objectifs

Dans le cadre du présent projet, nous proposons de compléter l’arsenal des méthodes de protection des pommes de terre contre les pourritures humides généralement causées par des bactéries pectinolytiques du genre Erwinia. Le premier objectif est centré sur la recherche d’indicateurs de susceptibilité des lots de plants, aux pourritures humides, basés sur la mesure de leurs niveaux de contamination latente et l’identification du pathogène présent : les lots les plus contaminés devraient être écartés. La validité de ces indicateurs sera évaluée par confrontation avec les dégâts réellement observés tant en culture que lors de la conservation ou encore au niveau de la culture-fille.

Afin de proposer un système fiable et économiquement abordable, plusieurs méthodes d’analyse des niveaux de contamination sont évaluées tant en ce qui concerne leur sensibilité, leur spécificité, leur répétabilité, leur reproductibilité, leur robustesse que leur coût.

Le second objectif vise à évaluer de nouvelles possibilités de protection des plants. L’identification des substances candidates sera assurée grâce à une consultation permanente des sources d’information tant scientifiques que techniques. Les substances les plus pertinentes seront acquises et leur efficacité sera testée sur des tubercules inoculés de façon standardisée. Pour évaluer cette efficacité, on utilisera les nouveaux outils de quantification disponibles. En ce qui concerne les antagonistes biologiques, on vérifiera en plus leur aptitude à coloniser les tubercules-fils et à s’installer durablement dans les lignées de reproduction.

Le troisième objectif vise à identifier les facteurs de risques liés aux différents systèmes de production et qui influencent le développement des pourritures humides. Un échantillon de 25 lots est suivi sur plusieurs années : les conditions de culture et de stockage ainsi que leurs niveaux de contamination sont systématiquement enregistrés à chaque étape du processus de production.

La mise en œuvre des résultats de la recherche devrait permettre de contribuer à la réduction progressive du niveau de contamination latente affectant les plants. De la sorte, il serait possible de réduire sensiblement les risques de développement des pourritures humides tant au champ qu’en cours de stockage.

Résultats attendus

La méthode sérologique de quantification et la méthode d’inoculation quantitative devront être validés.

Les autres objectifs devront être accomplis dans la seconde phase du projet.

Résultats obtenus

Une méthode sérologique (ELISA-enrichi) permettant de quantifier l’inoculum bactérien infectant les tubercules contaminés est actuellement en cours de mise au point. Elle sera confrontée à deux autres méthodes : l’une basée sur le dénombrement des cellules infectieuses par étalement de dilutions-suspensions successives sur milieu sélectif et l’autre basée sur l’incubation de tubercules en conditions propices au développement des macérations.

Le suivi des lots de plants nous a permis d’identifier plusieurs facteurs de risques liés aux conditions de production. Les principaux facteurs identifiés sont à mettre en rapport avec la qualité du matériel d’origine, les conditions climatiques et les caractéristiques de la parcelle plantée. Les indicateurs liés aux conditions de récolte, de préparation des lots et de stockage seront identifiés avec précision ultérieurement.

Nous avons pu constater, à partir d’essais d’incubation sur des échantillons de tubercules prélevés avant arrachage, l’effet assainissant de l’été caniculaire de 2003 sur l’évolution de la contamination des plants. Les essais d’incubation sur tubercules prélevés en fin de conservation ont montrés que cet effet demeurait néanmoins partiel et ne paraissait pas apte à éradiquer totalement et systématiquement les populations bactériennes qui ont été capables de se reconstituer rapidement. Les premières données récoltées sur les productions 2004 renforcent cette observation et montrent que l’effet bénéfique de la canicule fut de courte durée.

Un système d’inoculation quantitative de tubercules sains par infiltration sous vide est en cours de validation. Cette méthode est la phase préliminaire à l’évaluation de l’efficacité des différents moyens de lutte. Elle contribuera également à la validation de la méthode de quantification choisie.

Coordinateur (CRA-W)

Equipe impliquée

Partenaires

Groupement Wallon des Producteurs de Plants de Pomme de Terre (GWPPPT)