Contexte
Les légumineuses à graines permettent de relever deux défis essentiels pour l’agriculture wallonne :
- Réduire l’usage des intrants azotés grâce à leur capacité à fixer l’azote atmosphérique.
- Renforcer l’autonomie protéique des systèmes agroalimentaires grâce à leurs graines riches en protéines.
Les associations de cultures, qui consistent à cultiver plusieurs espèces sur une même parcelle, offrent une solution pour surmonter les principaux obstacles liés aux protéagineux en agriculture biologique : lutte contre les adventices, sensibilité à la verse, maladies, etc.
Cependant, leur adoption reste limitée. Pourquoi ? Parce que leur intégration dans les systèmes de culture et les filières de valorisation soulève encore de nombreuses questions.
Objectif du projet AssoBIO
Le projet AssoBIO a pour ambition de co-construire et tester des itinéraires de production de cultures associées intégrant des protéagineux, afin de répondre à la demande croissante en protéines végétales.
Cette démarche repose sur une approche participative, impliquant l’ensemble des acteurs de la filière : producteurs, transformateurs, distributeurs. Elle combine ateliers multi-acteurs et essais en exploitation, pour produire des connaissances concrètes et lever les freins au développement des cultures associées.
Pour atteindre cette ambition, le projet s’articule autour de trois axes :
- Caractériser les pratiques existantes dans différents contextes pédoclimatiques et socio-économiques, parallèlement aux freins et leviers identifiés.
- Co-construire des solutions avec les acteurs de la filière : place des associations dans la rotation, culture en relais, nettoyage au champ ou via trieur mobile.
- Mettre à l’épreuve et évaluer en conditions réelles des itinéraires techniques adaptés aux attentes des producteurs et des acteurs de la filière.
Comprendre les freins et les solutions pour développer les légumineuses en cultures associées en bio
L’analyse des obstacles à la mise en place et à la valorisation des cultures associées avec des protéagineux en agriculture biologique révèle des interactions complexes entre facteurs agronomiques, logistiques et économiques.
Le manque de connaissances et l’expérience limitée entraînent une prise de risque pour les agriculteurs, ce qui réduit les surfaces cultivées et limite les volumes produits. Ces faibles volumes sont difficiles à valoriser et génèrent des coûts supplémentaires (tri, stockage, collecte), renforçant la perception de risque.
À cela s’ajoutent la variabilité des rendements et la qualité des récoltes, influencées par le climat, les ravageurs et les difficultés de désherbage. Enfin, la demande limitée et la concurrence étrangère restreignent les débouchés.
Des solutions systémiques pour lever les freins
Pour répondre à ces défis, plusieurs leviers ont été identifiés :
- Amélioration des pratiques agronomiques : choix des espèces, techniques de fauchage-andainage, séchage.
- Optimisation logistique : stockage territorial, mutualisation des outils de triage.
- Renforcement de la valorisation : échantillonnage représentatif, décorticage, labels de qualité, nouvelles formes de transformation.
Ces mesures soulignent l’importance d’une approche collaborative entre agriculteurs et acteurs de la filière pour sécuriser la production et favoriser un développement durable des cultures associées en bio.
Des essais pour renforcer les connaissances
Les essais réalisés apportent des enseignements précieux :
- Association lentille–moutarde : comparaison entre récolte directe et fauchage-andainage. Les rendements étaient similaires, mais le fauchage-andainage a réduit significativement les impuretés en desséchant les adventices avant moisson. Cette technique reste toutefois contraignante (risque d’égrenage, conditions climatiques favorables nécessaires).
- Pois Hr associé à l’orge vs pois classique : le pois Hr, sensible à la photopériode, permet un semis précoce et une meilleure implantation. L’association avec l’orge a montré un rendement supérieur et une proportion plus importante de légumineuse, confirmant son intérêt pour diversifier les rotations et optimiser la biomasse. Ce type de pois est à privilégier avec des céréales d’hiver.
- Protocole d’échantillonnage : des incohérences entre échantillons et tri intégral révèlent des biais liés à la nature du mélange et à l’hétérogénéité des lots. Il est nécessaire d’affiner la méthode et de standardiser le protocole à l’échelle de la benne pour garantir la fiabilité des analyses.
Ces résultats ouvrent la voie à des recherches complémentaires et à une meilleure structuration de la filière pour sécuriser la production et la valorisation des cultures associées en bio.
Partenariat
Biowallonie
Les agriculteurs et acteurs participants
Financement
Ce projet est financé par la Région wallonne @WallonieRelance



















