15 Janvier 2026

METASCOL

Optimiser et évaluer le metabarcoding ADN comme moyen de surveillance des scolytes

Les scolytes sont de petits insectes de la sous-famille des Scolytinae, qui comptent parmi les plus importants ravageurs forestiers. Ces coléoptères, en se développant sous l’écorce ou dans le bois des arbres, endommagent les tissus de l’arbre et entraînent une dégradation de son état sanitaire, voire sa mort. Bien qu’indispensables au bon fonctionnement des forêts, les épisodes de pullulation de certaines espèces peuvent avoir des impacts socio-économiques dramatiques sur le secteur forestier. En Europe, les dernières pullulations (2018-2021) du scolyte typographe, Ips typographus, ont entraîné la mort de centaines de millions de mètres cubes d’épicéa.

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Avec le commerce international, de nouvelles espèces de scolytes venues d’autres régions du monde s’installent dans nos forêts. Cela représente une menace supplémentaire car ces espèces peuvent s’attaquer à des arbres qui n’y sont pas préparés.

Pour limiter ces risques, des organismes comme l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) mettent en place des systèmes de surveillance. Classiquement, cette surveillance repose sur l’installation de pièges combinée à l’identification morphologique des scolytes interceptés. La phase d’identification est particulièrement laborieuse et demande une grande expertise pour pouvoir identifier avec certitude tous les spécimens collectés. Dans ce contexte, l’utilisation de nouveaux outils moléculaires permettant d’identifier directement un grand nombre d’espèces au sein d’un échantillon faciliterait considérablement la surveillance des scolytes non-indigènes.

C’est là qu’intervient le projet METASCOL. Il vise à tester une nouvelle méthode d’identification appelée metabarcoding ADN.

Le barcoding ADN est une méthode qui permet d’identifier une espèce en lisant un petit morceau de son ADN et en le comparant à une base de données de référence.
Le metabarcoding ADN fonctionne de la même façon, mais avec des techniques modernes de séquençage qui analysent en parallèle l’ADN de plusieurs organismes. Ainsi, dans un seul échantillon (par exemple un peu de terre, d’eau ou des insectes capturés), on peut détecter et identifier en même temps de nombreuses espèces différente

Cette technique permet d’identifier rapidement, à partir d’un échantillon, de nombreuses espèces différentes grâce à leur ADN. L’objectif est de comparer les résultats obtenus avec cette méthode à ceux de l’identification traditionnelle, afin de voir si elle est plus efficace et fiable pour surveiller les scolytes.

Ce projet, d’une durée de 3 ans (2025-2028) et financé par le SPF Santé Publique, sera mené en collaboration par les laboratoires d’entomologie de l’Instituut voor Landbouw-, Visserij- en Voedingsonderzoek (ILVO) et du Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W). METASCOL s’inscrit logiquement à la suite d’un précédent projet, SCOLIBE, qui visait à identifier les espèces de scolytes non-indigènes les plus à risque pour la Belgique, et à optimiser les dispositifs de piégeage (emplacement, types de pièges et d’attractifs) pour effectuer leur surveillance.

Si le metabarcoding ADN permet effectivement de détecter avec fiabilité les scolytes présents dans un échantillon, il faciliterait considérablement le travail de surveillance des espèces non-indigènes. Plus largement, ce projet participe à la préservation des ressources forestières belges des dégâts pouvant être occasionnés par les scolytes exotiques.

Financement : SPF

Légende : Cnestus mutilatus, un scolyte invasif originaire d’Asie et listé comme espèce de quarantaine pour l’Union Européenne. Photo d’après Gomez et al. (2018, https://doi.org/10.3897/zookeys.768.24697), CC-BY-4.0 (https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:CC-BY-4.0).