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PRIOR'eau, comment et où préserver la ressource en eau

Le projet PRIOR’eau soutient l’asbl PROTECT’eau en identifiant les zones les plus vulnérables à la contamination par les pesticides.

Contexte

En collaboration avec le Service Public de Wallonie (SPW) et la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE), PRIOR’eau aide l’asbl PROTECT’eau à mieux cibler ses actions en faveur de la préservation de la ressource en eau auprès des agriculteurs wallons et des autres utilisateurs de produits phytopharmaceutiques (PPP).

PROTECT’eau offre un service complet de conseil visant à préserver la qualité de l’eau face aux risques liés à l’utilisation de l’azote et des PPP.  Pour plus d’informations, consultez leur site : https://www.protecteau.be/fr.

La surveillance de la qualité des eaux en Wallonie génère un volume important de données. Pour les PPP, celles-ci sont notamment centralisées dans les bases de données du SPW ; CALYPSO pour les eaux souterraines et AQUAPHYC pour les eaux de surface.

En Wallonie, le réseau de surveillance chimique et quantitative des eaux souterraines (ESO), établi notamment dans le cadre de la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE), comprend environ 550 ouvrages répartis sur le territoire. Près de 500 autres ouvrages sont également surveillés, et les résultats d’analyses obtenus peuvent venir compléter les données. L’ensemble de ces données permettent d’évaluer l’état chimique des masses d’eau, d’en suivre l’évolution et d’identifier la présence de PPP et de leurs métabolites.

Le constat à l’origine de PRIOR’eau est cependant qu’un écart subsiste entre la quantité de données disponibles et leur mobilisation systématique pour orienter les actions sur le terrain. Le projet cherche ainsi à créer un lien entre la surveillance de la qualité de l’eau et les interventions concrètes de prévention. 

Objectifs

L’objectif du projet est de valoriser, sur le long terme, les données de détection et de contamination en PPP dans les eaux souterraines et de surface wallonnes afin de prioriser les actions de terrain et de prévention des conseillers de PROTECT’eau.

Pour les eaux souterraines, PRIOR’eau identifie les zones nécessitant une attention particulière à partir des données de surveillance. Une attention spécifique est notamment portée aux concentrations comprises entre 30 % et 75 % de la norme ou du seuil applicable pour les ouvrages destinés à produire de l’eau de consommation. Il est à noter que pour ces ouvrages, un dépassement de 75% de la norme conduit généralement à un contrat captage.

Le seuil de 30 % permet d’adopter une logique préventive : l’objectif n’est pas d’attendre qu’une norme soit dépassée pour intervenir. Le Code de l’eau prévoit d’ailleurs des mécanismes permettant d’agir en amont de certaines situations de contamination.

Les zones sélectionnées sont ensuite hiérarchisées sur la base de différents facteurs de vulnérabilité, tels que la faible profondeur de la nappe, la présence de zones karstiques, certaines caractéristiques du sol, les caractéristiques des ouvrages, leur appartenance aux réseaux de surveillance ou encore l’utilisation de la ressource. Il s’agit d’une analyse au cas par cas qui permet de mieux identifier la zone potentiellement contributive.

L’objectif est également de mieux comprendre les relations entre les pratiques agricoles et le transfert des PPP vers les ressources en eau afin d’identifier les leviers permettant une diminution du recours aux pesticides ou une adaptation des pratiques dans les zones les plus sensibles.

À terme, PRIOR’eau doit ainsi contribuer à prévenir les contaminations des masses d’eau et à préserver leur qualité à l’échelle du territoire wallon.

Déroulement

La méthodologie développée repose dans un premier temps sur l’analyse des données de surveillance disponibles.

Pour les substances retenues, les ouvrages présentant au moins une moyenne annuelle supérieure à 30 % de la norme ou du seuil au cours des six dernières années font l’objet d’une première sélection.

Une analyse est ensuite menée au cas par cas. Elle prend notamment en compte :

  • l’évolution temporelle des concentrations ;
  • l’intensité et la fréquence des détections ;
  • l’usage de l’eau ;
  • l’appartenance de l’ouvrage aux différents réseaux de surveillance ;
  • les substances détectées ;
  • la vulnérabilité du milieu.

Les graphiques d’évolution des concentrations permettent notamment d’identifier des tendances, des détections ponctuelles ou récurrentes et d’évaluer la pertinence d’une intervention.

Une fois les ouvrages prioritaires identifiés, leur environnement est étudié plus finement. L’occupation agricole du sol, les rotations culturales, la profondeur de la nappe, la présence de matériaux carbonatés, le contexte géologique et pédologique, la topographie ou encore certaines contraintes liées à l’utilisation des PPP peuvent notamment être examinés.

Les résultats sont intégrés dans des outils géomatiques, notamment sous forme de GeoPackage utilisable dans QGIS, ainsi que dans des fiches opérationnelles destinées aux conseillers de PROTECT’eau.

Ces outils doivent leur permettre de comprendre la situation locale, de préparer leurs interventions, d’étayer leur argumentaire auprès des agriculteurs et de mettre en place des solutions ciblées. 

Résultats obtenus

Pour les eaux souterraines, la méthode de sélection et de hiérarchisation est opérationnelle depuis 2025.

Son application aux données de la période 2019-2024 a conduit à retenir 88 ouvrages correspondant à 80 zones distinctes. Ces zones sont ensuite hiérarchisées en fonction de l’intensité des détections et de différents critères de vulnérabilité et d’enjeu.

Les contaminations des masses d’eau étudiées sont notamment associées à la présence de substances herbicides ou de leurs métabolites.

Les cinq centres d’action de PROTECT’eau disposent progressivement d’informations spatialisées permettant de consulter les ouvrages prioritaires, leur environnement et l’évolution des concentrations mesurées.

L’un des résultats importants du projet est ainsi de permettre aux conseillers de ne pas seulement recevoir une liste de zones prioritaires, mais également d’explorer les données ayant conduit à leur sélection. Cette appropriation des résultats doit faciliter la préparation des interventions et renforcer le dialogue avec les agriculteurs.

Les premières actions dans les zones sélectionnées sont prévues à partir de la fin de l’année 2026. 

Résultats attendus

  • actualisation régulière de la sélection des ouvrages et des zones prioritaires ;
  • amélioration de la compréhension des situations rencontrées ;
  • développement d’actions ciblées dans les zones considérées comme prioritaires ;
  • mise à disposition d’outils permettant aux agents de terrain de mieux préparer leurs interventions et leur argumentaire.
  • développement de méthodologies et d’outils pour mettre en relation des détections avec les caractéristiques de la zone;
  • identification de hotspots potentiels de transfert de PPP ;

Partenaires

  • PROTECT’eau asbl

Financement

  • Service public de Wallonie ;
  • Société publique de gestion de l’eau (SPGE) ;

Projet réalisé dans le cadre de la convention-cadre PROTECT’eau.

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