Evaluation de la durabilité de valorisations des ressources céréalières wallonnes
30 mai 2017 Geneviève MINNE
CRA-W info ALT-4-CER ACV

Les céréales wallonnes sont à l’heure actuelle utilisées principalement pour l’alimentation animale (45%). Ainsi, pour des raisons de taille réduite des lots, de climat et de rémunération insuffisante de la qualité requise pour l’alimentation humaine, la quasi-totalité du blé wallon est utilisée à des fins fourragères. La Wallonie produit moins de 10


Le projet ALT-4-CER, d’une durée de quatre ans, a débuté au CRA-W en mars 2011. Il comportait plusieurs volets ayant pour but (i) de dresser un portrait des utilisations actuelles des céréales wallonnes et d’élaborer des scénarios originaux d’évolutions possibles de ces utilisations et (ii) d’évaluer, sur base d’analyses du cycle de vie (ACV), les impacts environnementaux et socio-économiques de la production et la transformation des céréales wallonnes selon les filières identifiées lors du premier volet du projet.

Parmi les céréales grains cultivées en Wallonie, le froment représente à lui seul plus du tiers des surfaces. L’évolution de ces 15 dernières années montre que les terres emblavées en froment continuent d’augmenter au détriment d’autres céréales telles que l’escourgeon ou l’épeautre, indiquant une spécialisation de la culture céréalière wallonne.

Plus d’un quart (27%) du blé wallon est transformé par l’industrie du bioéthanol. Celle-ci produit également des drêches de distillerie et du gluten destinés à l’alimentation animale, ce qui compense, en partie seulement, l’utilisation de ce blé fourrager à des fins énergétiques et non plus alimentaires. Notre étude a toutefois montré qu’il serait plus opportun que la production  de bioénergie privilégie l’utilisation d’intrants non utilisables directement en alimentation animale.

Les impacts environnementaux de la production wallonne de céréales grains sont inférieurs à ceux des productions moyennes européennes. Ces résultats sont en partie liés aux très hauts rendements obtenus en Wallonie, démontrant la très bonne maîtrise de ces cultures. Il a également été observé que les cultures qui induisent le moins d’impacts par kg de produit sont aussi celles qui induisent le moins d’impacts par hectare cultivé et par euro de marge brute. Ces cultures sont donc les plus éco-efficientes, offrant une production à un prix compétitif tout en minimisant les impacts sur l’environnement. Dans le cas des céréales wallonnes, ces cultures sont, sans surprise, le froment mais, également, l’épeautre.

Les résultats de l’analyse socio-économique ont montré que les agriculteurs sans formation agricole spécifique peuvent dégager tout autant de valeur ajoutée que des agriculteurs davantage qualifiés.

En Wallonie, parmi les secteurs de première transformation des céréales, le secteur de l’alimentation animale est celui qui comptabilise le plus d’emplois pour 1.000 T de céréales entrantes, mais ses employés parcourent le plus de kilomètres entre leur domicile et le lieu de leur travail.

Le secteur du négoce est celui qui forme davantage ses employés mais comporte également davantage de temps partiels.

 

Le project ALT-4-CER a permis au CRA-W de s’imposer comme la référence wallonne en matière d’ACV environnementales et socio-économiques de productions agricoles. Des liens ont été créés avec les autres projets ACV menés au CRA-W (BioGeoCarbo, QUALAITER, INOVABIOM, DECiDE, Empreinte Eau) afin de consolider les expériences acquises. Les actions futures (via un post-doctorat Moerman) prévoient notamment d’étendre les références ACV aux autres grandes cultures wallonnes, d’intégrer les impacts à l’échelle de la rotation et de comparer différents systèmes de production (comme l’agriculture écologiquement intensive et biologique), afin de pouvoir éclairer les acteurs (producteurs, décideurs) dans leurs choix vers des productions agricoles plus durables.

Financement : Fond Moerman du CRA-W


Mise à jour 30 mai 2017