1 janv. 1992 - 31 déc. 2009 Yves SEUTIN
Recherche Phytotechnie Technologie IR Production animale Aliments (pour animaux) article

Contexte

L’herbe pâturée reste, et de loin, un aliment bon marché et de qualité lorsqu’elle est bien gérée. Pour atteindre cet objectif, il faut assurer à la fois une bonne pérennité de la prairie et une bonne ingestion du couvert. Mais quels sont les critères, tant biochimiques que morphologiques, à promouvoir, au travers de la sélection, afin d’améliorer ces paramètres ?

Objectifs

Les objectifs du projet sont triples :

* Conseiller les agriculteurs dans le choix des variétés à utiliser pour rénover leurs prairies pâturées, sur base de la comparaison de leur pérennité et de leur appétence dans des conditions réelles d’exploitation.

* Définir les critères morphologiques et biochimiques à sélectionner en vue d’améliorer ces deux paramètres.

* Développer les outils nécessaires à la définition des critères morphologiques et biochimiques du couvert sur un grand nombre d’échantillons, notamment au travers de l’analyse par Spectrométrie dans le Proche Infrarouge (SPIR).

Résultats attendus

L’ultime étape réside à mettre en parallèle l’index d’appétibilité et les différents critères tant morphologiques que biochimiques. Les résultats actuellement disponibles soulignent l’importance prise par la digestibilité de la matière organique dans l’explication des différences d’index d’appétibilité observées.

Résultats obtenus

Les résultats obtenus par Messieurs Limbourg et Lecomte, au travers d’essais multi-sites et pluri-annuels conduits dans des conditions réelles de pâturage, démontrent qu’il existe des différences reproductibles au niveau de la persistance des variétés de ray-grass anglais conduites en association avec du trèfle blanc. Ces observations soulignent l’intérêt de prendre en compte ce paramètre dans les conseils apportés aux agriculteurs sur le choix des variétés à utiliser pour rénover leur prairies permanentes pâturées.

En ce qui concerne la définition de l’appétibilité des couverts, différentes étapes ont été franchies.

Nous avons démontré (Stilmant et al., 2005) que, bien que le trèfle blanc (TB) ayant une forte influence sur l’ingestion du couvert, les différences de taux de recouvrement en TB entre les différentes variétés de ray-grass anglais, ne modifiaient pas significativement le classement de ces variétés du point de vue de leur appétibilité. Cette constatation nous permet, dorénavant, d’évaluer la persistance des variétés de ray-grass anglais, mesurée au travers de leur abondance relative au sein du couvert, et leur appétibilité au sein d’un dispositif commun.

Nous nous sommes ensuite attachés à la définition d’un ‘index d’appétibilité’. Un premier index a été proposé par D. Leconte, il reprenait la différence entre la hauteur d’herbe à l’entrée et la hauteur d’herbe à la sortie par rapport à la hauteur d’herbe à la sortie. Cet index présente cependant le défaut de ne pas être totalement indépendant de la hauteur d’entré : plus on entre dans un couvert haut, moins il sera bien pâturé (Fig. 1).

Afin de pallier à ce problème et de rendre le paramètre indépendant de la hauteur d’entrée, nous utilisons, comme index d’appétibilité, la différence entre la hauteur de sortie observée et la hauteur de sortie attendue en fonction de la hauteur d’entrée. Cette différence étant rapportée à la hauteur de sortie attendue.

Une fois cet index défini, nous avons tenté d’identifier les paramètres morphologiques et/ou biochimiques susceptibles de l’influencer. Nous avons donc développé une série de calibrages SPIR, permettant de caractériser la composition spécifique et morphologique de couverts riches en ray-grass anglais et trèfle blanc, étendant ainsi la démarche entreprise par D. Leconte et al. en 1999.

Cette approche, réalisée en collaboration avec l’INRA (Domaine Expérimental Fourrager du Vieux Pin et UMR Production du Lait) et l’UCL (ECOP), nous permet actuellement de prédire, d’une part, la composition spécifique du couvert ( proportion de graminées, de légumineuses (TB, Luzerne, Trèfle Violet) et d’autres espèces) , et d’autre part, sa composition morphologique (proportion de limbe-feuille versus proportion de gaine-tige), et ce, aussi bien pour les graminées que pour les légumineuses. En ce qui concerne la valeur des calibrages SPIR développées, les rapports ‘Déviation Standard de la Population / Erreur Standard en Validation Croisée’ supérieurs à 3 soulignent leurs bonnes performances (Tab. 1). De telles calibrations existent également pour la définition des caractéristiques biochimiques du couvert.

 

Fig. 1 : Lien entre hauteur de sortie et hauteur d'entrée au pâturage (R^2 = 0.817) - Tab. 1 : Performances des calibrages permettant de définir la proportion des feuilles et tiges de légumineuses ainsi que les proportions de graminées au sein de couverts

Fig. 1 : Lien entre hauteur de sortie et hauteur d'entrée au pâturage (R^2 = 0.817) - Tab. 1 : Performances des calibrages permettant de définir la proportion des feuilles et tiges de légumineuses ainsi que les proportions de graminées au sein de couverts

Contribution

La Section Systèmes agricoles est porteur de ce projet. Elle s'occupe de la mise en place et du suivi de ce dernier, ainsi que de l'analyse des résultats.

Coordinateur (CRA-W)

Equipe impliquée

Partenaires

R. Delagarde – INRA, UMR Production du Lait.

B. Deprez – UCL, ECO

P. D. Leconte – INRA, Domaine Expérimental Fourrager du Vieux Pin.

P. Luxen et D. Knoden – asbl Fourrages Mieux.