19 septembre 2016 Louis HAUTIER

La cartographie des zones de prairies obligées en Wallonie, un outil pour combattre l’érosion du sol

La capacité d’un écosystème à fournir des services environnementaux dépend de sa localisation au sein du paysage. La prise en compte de ces aspects spatiaux ouvre de nouvelles perspectives dans la gestion durable des agroécosystèmes et l’aménagement du territoire.

La cartographie des zones de prairies obligées en Wallonie, un outil pour combattre l’érosion du sol

En Wallonie, les prairies - permanentes et temporaires - occupent près de la moitié de la surface agricole. Parmi les différents agroécosystèmes, les prairies fournissent de nombreux services environnementaux. Outre la production de fourrages, elles participent également à la séquestration du carbone, la régulation de l’érosion et du ruissellement. De plus, elles contribuent aux services culturels en marquant le paysage.

Les services fournis par les prairies peuvent être fortement influencés par leur place au sein du paysage. Dans des conditions de pente forte ou de profondeur faible de sol, seules les prairies permettent de fournir à la fois une production agricole tout en préservant cette ressource. Dans ce but, les zones de prairies obligées ont été identifiées comme étant les surfaces dont la productivité est jugée trop faible pour être cultivée et/ou dont le labour entraînerait des risques trop importants pour l’environnement notamment en termes d’érosion ou de perte de biodiversité. Pour identifier ces zones, trois critères ont été retenus: (1) l’érosion des sols ; (2) l’aptitude des sols à être cultivés et (3) les zones d’intérêts biologiques. A partir de ces critères, différents scénarios d’érosion et de contraintes ont été étudiés.

Les résultats de ces simulations montrent qu’au plus le scénario est conservateur, au plus la surface de prairies obligées est élevée. De même, quel que soit le scénario, on observe une augmentation de la superficie en prairie du nord au sud de la Wallonie, ce qui correspond à la distribution actuelle. L’intérêt de cette approche est de pouvoir comparer ces résultats avec la carte d’occupation du sol afin d’identifier les parcelles agricoles en inadéquation. Ces dernières correspondent aux cultures qui présentent un risque environnemental élevé ou à l’inverse, les prairies qui présentent un potentiel à être cultivé sans ce risque. Ainsi, à surface de prairies inchangée, environ 67000 ha de parcelles ont été identifiées en inadéquation. L’implantation de prairies sur ces zones en inadéquation permettrait d’éviter annuellement une érosion qui avoisinerait les 480000 tonnes sans compromettre la production agricole.

L’utilisation de cette approche cartographique contribue à répondre aux principaux enjeux de l’agriculture qui sont de produire suffisamment de ressources alimentaires tout en renforçant les services écosystémiques fournis et en améliorant l’occupation agricole au sein du territoire.

Mise à jour 19 septembre 2016