La gestion du pâturage en élevage BIO
7 mars 2017 Anne-Michelle FAUX
CRA-W info bio Elevage

Une bonne gestion du pâturage est essentielle au contrôle du parasitisme chez les génisses en élevage biologique.


La gestion du parasitisme est un défi majeur pour le développement des bovins pâturant. Ce défi est d’autant plus important en élevage bovin biologique. En effet, celui-ci repose largement sur le pâturage et est caractérisé par des restrictions quant à l’usage de traitements antiparasitaires. Afin de déterminer les « bonnes pratiques » en termes de gestion du parasitisme chez les génisses en élevage bio, un suivi impliquant six fermes (trois laitières et trois viandeuses) situées dans les provinces de Luxembourg et de Namur  a été mené par le CRA-W.

 

Dans chaque ferme, la croissance de génisses en première et seconde années de pâturage et leur niveau d’infestation parasitaire (Fasciola hepatica, Paramphistomum sp., et Ostertagia sp.) ont été caractérisés. Leur taux de pepsinogène sanguin a aussi été estimé afin d’évaluer l’immunité acquise envers Ostertagia sp., un nématode à haut risque chez les bovins. En outre, la disponibilité en herbe, en quantité et en qualité, et les pratiques des agriculteurs ont été enregistrées.

 

Une analyse des données a ainsi permis d’établir des corrélations entre les différentes variables étudiées :

 

La croissance des génisses est en relation directe avec le nombre de parcelles dans le circuit de pâturage. A l’opposé, ces deux variables (croissance et nombre de parcelles), sont inversement proportionnelles au chargement et au nombre de traitements antiparasitaires, et, dans une moindre mesure, au niveau de parasitisme et à la valeur nutritive des compléments alimentaires. Par ailleurs, le taux de pepsinogène sanguin était lié à la croissance des génisses,  ce qui suggère que les génisses présentant un taux élevé de pepsinogène sanguin ont acquis une immunité envers Ostertagia, ce qui affecterait positivement leur croissance.

 

En conclusion, cette étude a mis en évidence l’importance du pâturage tournant et d’un chargement faible pour limiter les problèmes de parasitisme. Ces deux pratiques étaient toutes deux associées à une utilisation faible, voire nulle, de compléments alimentaires et de traitement antiparasitaire, et à une pression parasitaire contrôlée.


Mise Ă  jour 7 mars 2017