Les filières bovines dans la tourmente - Produire plus et mieux avec moins

L'explosion démographique, à l'horizon 2050, augmente considérablement les besoins mondiaux en nourriture et en biens divers. L'agriculture se trouve au cœur même des problèmes du futur car la société aura besoin d'elle pour produire davantage d'aliments de qualité, d'énergie, de fibres et autres matières premières pour l'industrie.

Et, dans ce futur, quelle sera la place de l'élevage ?

Aujourd'hui, le secteur de l'élevage est plongé dans la tourmente, avec une rentabilité trop aléatoire : coûts de production en progression jamais égalée vu la hausse sans précédent des prix des intrants, particulièrement d es aliments du bétail  , prix de la viande bovine plus ou moins constant, mais prix du lait en chute libre ces derniers mois, marchés chaotiques très déstabilisants pour les filières, sans compter les incertitudes sur les fronts de la fièvre catarrhale et d'autres maladies émergentes, du démantèlement des quotas laitiers, des attaques récurrentes contre une consommation de viande trop importante en Europe de l'Ouest et des risques que cela comporte pour la santé humaine . Certes, l'élevage européen dispose de terres agricoles, et bénéficie de bons rendements, d'une bonne adaptation aux exigences sanitaires et de traçabilité. Mais demain, pour produire plus tout en diminuant les coûts de production, il devra préconiser de nouveaux critères de sélection et s'intensifier, de manière écologique avec moins d'intrants (moins de sol, d'eau, d'énergie, de chimie mais plus de biotechnologies) et avec une meilleure prise en compte des lois de la nature, des possibles aléas climatiques et du parasitisme émergent.

Ces conditions difficiles ne sont-elles pas l'occasion de se focaliser davantage sur la qualité et la valorisation des produits régionaux (marques, signes de qualité, AOC, IGP,…) ainsi que sur la mise en place d'organisations de plus en plus fortes et plus de coopération.

Incontestablement aussi, c'est à l'échelle de l'exploitation que chacun devra réaliser son bilan, se remettre en question, trouver des pistes pour mieux faire, investir et s'adapter aux conditions changeantes. L'avenir étant d'abord une question de volonté, chacun doit devenir l'artisan d'un futur choisi. Mais ceci n'est possible que si la société décide d'un avenir durable pour notre agriculture et nos élevages.


Liste des interventions

Introduction

par P. Meeùs , Directeur général du Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W), Gembloux

Conséquences de l'évolution des rapports de prix productions végétales et animales et de l'évolution des coûts de production sur les filières lait et viande bovine

par J. Cl. Guesdon , Chef du Département Economie de l'Institut de l'Elevage, Paris, France

Production de viande bovine en Wallonie - Résultats économiques : évolutions et caractéristiques1

par B. Maréchal , Conseiller de Gestion, CGTA, Fédération wallonne de l'Agriculture (FWA)

Production laitière en Wallonie – Résultats économiques : évolutions et caractéristiques

par L. Fabry , Responsable du Service technico-économique, Association wallonne de l'Elevage (AWE), Ciney

Présentation des affiches scientifiques

par E. Froidmont , Attaché scientifique, Département Productions et Nutrition animales, CRA-W

Adaptation des systèmes d'élevage et incertitudes sur l'avenir ---------------------------------- 31

par B. Dedieu , Directeur de Recherches, Institut national de la Recherche agronomique (INRA), Clermont-Ferrand, France

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