07 Février 2023

DuratechFarm

Suivi de l’intégration du SmartFarming dans une exploitation agricole wallonne

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Les agriculteurs européens en 2025 adoptent des technologies numériques lorsque celles-ci sont accessibles, robustes et utiles. Ainsi, 69 % d'entre eux utilisent déjà au moins trois outils numériques généralistes pour leur travail, principalement des applications de messagerie, de commerce en ligne et de prévision météorologique [ https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC141259 ]. Ce chiffre diminue à 29 % pour les agriculteurs qui utilisent au moins trois solutions spécifiquement dédiées aux grandes cultures, telles que les logiciels de gestion de l'exploitation, les carnets de champ numériques, la visualisation des parcelles via imagerie satellite ou encore le guidage de précision.

Or, certaines technologies à fort potentiel agronomique peinent encore à s'imposer. En effet, seulement 11 % des agriculteurs déclarent utiliser des technologies d'application à dose variable, tandis que 15 % ont recours à des stations météorologiques connectées et une proportion similaire à des capteurs de sol. Pourtant, ces outils permettent une gestion plus fine et plus économe des intrants, contribuant à optimiser les pratiques tout en maintenant, voire en améliorant, les rendements.

L'objectif du projet était d'intégrer des solutions d'agriculture de précision au sein d'une exploitation, afin d'en évaluer la plus-value réelle pour la ferme. Une attention particulière a été portée à l'identification des freins techniques, économiques et organisationnels à l'adoption de ces outils, afin d'en faciliter la levée. Les différentes thématiques abordées dans le projet sont détaillées ci-après.

Thématiques abordées au sein de DuraTechFarm

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Cartographie des rendements

Technologies testées :

  • Capteurs embarqués sur moissonneuse-batteuse (John Deere)
  • Indicateurs issus de la télédétection : Belcam (UCLouvain & CRA-W) et IrriWatch (Hydrosat)

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Seulement 6 % des agriculteurs européens déclarent utiliser des technologies de cartographie des rendements. Pourtant, diagnostiquer de fortes hétérogénéités de rendement au sein de ses parcelles constitue une porte d’entrée essentielle vers l’agriculture de précision. En effet, une forte variabilité intra-parcellaire des rendements est un indicateur clé suggérant la nécessité de mettre en œuvre des pratiques de gestion différenciée au sein du champ.

Ce travail vise à évaluer comment mesurer cette variabilité et dans quelle mesure elle peut être expliquée par les données collectées au cours du projet. Les résultats de ces travaux sont disponibles ici.

 

Optimisation de la fertilité des sols

Technologies testées :

·         Cartographie des propriétés physico-chimiques du sol : Veris MSP3 (Vantage Agrometius) et INTERRA Scan (Syngenta)

·         Mise en œuvre d’applications à dose variable

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L’homogénéisation du pH et de la teneur en matière organique au sein d’une parcelle peut générer des bénéfices agronomiques durables. La mise en place d’applications d’intrants à dose variable peut toutefois se heurter à plusieurs types de freins : financiers, notamment liés au coût de la cartographie des sols ; organisationnels, comme l’accès à du matériel adapté ou à un prestataire équipé ; et techniques, en raison du niveau de maturité encore variable des technologies de cartographie. Ces contraintes doivent néanmoins être mises en perspective avec les gains potentiels à long terme, ainsi qu’avec une meilleure connaissance des sols de son exploitation. Le retour d’expérience lié à la mise en place de solutions de cartographie des sols et d’applications à dose variable d’écumes de sucrerie et de matière organique est disponible ici 

 

Optimisation de l’irrigation dans le temps

Technologies testées :

·         Modèles de bilan hydrique : Sencrop et Abelio

·         Sondes d’humidité du sol: capteurs capacitifs et tensiométriques testés avec Weenat, Challenge Agriculture et AgroExact

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Ce travail montre que les différentes solutions de pilotage du déclenchement de l’irrigation présentent des approches complémentaires, chacune avec ses avantages et ses limites, et qu’aucune ne constitue une solution universelle à elle seule.

Les solutions basées sur le bilan hydrique se distinguent par leur simplicité de mise en œuvre et leur faible niveau d’investissement. Les sondes tensiométriques offrent une information directement liée au ressenti hydrique de la plante, en mesurant l’effort que celle‑ci doit fournir pour extraire l’eau du sol.  Les sondes capacitives fournissent quant à elles une information plus détaillée sur l’ensemble du profil racinaire, en mesurant l’humidité du sol à différentes profondeurs.

En conclusion, le choix d’une solution doit être guidé par les objectifs de l’exploitation, le niveau d’investissement acceptable et la capacité à interpréter les données. Le bilan hydrique apparaît comme une solution robuste et accessible, tandis que les sondes permettent d’affiner l’analyse hydrique lorsque le contexte agronomique et l’organisation de l’exploitation le justifient. Le retour d’expérience lié à la mise en place de bilans hydriques et de sondes d'humidité est disponible ici.

 

Optimisation de l’irrigation dans l’espace

Technologies testées :

·         Solutions de cartographie de l’humidité du sol : gprSense®

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Irrigation à dose variable et pilotage par secteurs avec Raindancer (télémétrie, suivi GPS, régulation automatique de l’angle d’arrosage et de la vitesse d’avancement du matériel.)

Le matériel d’irrigation (rampe, canon) peut désormais être piloté à distance, avec une régulation automatique de l’angle d’arrosage et de la vitesse d’avancement. Ces fonctionnalités permettent la mise en place de la coupure de section afin d’irriguer des parcelles aux formes complexes, en évitant les zones hors champ et en limitant les recouvrements entre passages successifs. Elles ouvrent également la voie à une irrigation à taux variable, basée sur des cartes de prescription des volumes d’eau.

La coupure de section est simple à mettre en œuvre et peut générer des bénéfices immédiats. En réduisant les volumes d’eau appliqués et en offrant davantage de flexibilité dans le positionnement du matériel, elle constitue une première étape vers une irrigation plus précise.

L’irrigation à taux variable offre, quant à elle, le plus grand potentiel d’économies d’eau. Sa mise en œuvre nécessite toutefois la mobilisation de plusieurs briques technologiques (cartographie, interprétation agronomique, conversion et transfert des cartes de prescription). Elle reste donc, à ce stade, plus complexe à déployer et réservée aux exploitations disposant des ressources et des compétences nécessaires. Le retour d’expérience lié à la mise en place de la coupure de section et de l’irrigation à taux variable peut être consulté ici.

 

Le projet en vidéos

Présentation du projet

https://www.youtube.com/watch?v=dk9kEjMOb7g&t=1s 

Irrigation connectée : une après-midi pour tout capter !

https://www.youtube.com/watch?v=pydLHmHks3o&t=50s 

 

DuraTechFarm, ce sont 4 partenaires clés…

CRA-W (Quentin Limbourg et Jean Artois)
 Grâce à sa solide expertise en agriculture de précision et à son implication dans le smart farming, le CRA-W est responsable de l’organisation et de la mise en œuvre du projet dans toutes ses dimensions : coordination, évaluation des solutions existantes, développement d’outils innovants, analyse des applications pertinentes, ainsi que la diffusion et la communication des résultats.

UCLouvain (Sébastien Lambot)
 L’UCLouvain étudie depuis plusieurs années le potentiel du radar pour la cartographie de l’humidité des sols. Dans le cadre de ce projet, l’université contribue à l’adaptation et à la calibration du radar pour des applications agricoles, au développement d’une interface, ainsi qu’à la validation des mesures afin de produire des cartes de variabilité intra-parcellaire de l’humidité des sols.

WalDigiFarm (WalDigiFarm)
 WalDigiFarm met à profit son expérience et son expertise en technologies numériques appliquées à la production végétale en Wallonie pour diffuser les résultats du projet auprès du secteur agricole et du grand public.

La Ferme du Plein Air (Ferme du Plein Air)
 La Ferme du Plein Air combine productions agricoles biologiques et conventionnelles, incluant des cultures maraîchères et des grandes cultures. L’intérêt marqué de l’équipe pour les nouvelles technologies a fait de l’exploitation un terrain d’expérimentation privilégié, permettant d’évaluer les solutions de smart farming en conditions réelles.

 

Financement

Projet d’une durée de 3 ans, subsidié par le plan de relance de la Wallonie. #WallonieRelance, convention D65-7390 + D65-7452.

Equipe