14 Septembre 2026

Un capteur intelligent pour mieux protéger les vergers

Un capteur capable de détecter les spores en temps réel permettrait de fournir plus rapidement des informations aux conseillers et aux producteurs, favorisant ainsi des interventions plus réactives contre la tavelure.

La tavelure (Venturia inaequalis) est la principale maladie du pommier sous nos latitudes. Mieux détecter ses spores permettrait d'agir plus rapidement et de limiter les traitements.

Dans le cadre du projet Interreg Trans-e-Bio, le CRA-W et ses partenaires développent un prototype de capteur de spores en temps réel, à faible coût. Aujourd'hui, le suivi des projections de spores existe déjà, mais il repose sur des comptages manuels longs et fastidieux. L'automatisation de cette étape offrirait un gain de temps considérable aux chercheurs tout en fournissant des informations immédiatement exploitables.

L'enjeu est important pour les producteurs de pommes. Grâce à des données transmises plus rapidement aux conseillers, les avertissements pourraient être diffusés plus tôt. Cette réactivité est essentielle dans les stratégies de lutte intégrée et de biocontrôle, où la fenêtre d'intervention après le début d'une infection est souvent très courte.

Pour rendre cette détection automatique possible, des centaines d'images de spores sont collectées afin d'entraîner un logiciel de reconnaissance basé sur l'intelligence artificielle. En parallèle, les partenaires du projet avancent dans la mise au point du prototype. Un premier test en laboratoire est envisagé dans les prochains mois avant d'éventuelles adaptations pour une utilisation directement au champ.

Le CRA-W étudie également la quantité de spores nécessaire à l'apparition des symptômes sur différentes variétés de pommiers, présentant des niveaux de sensibilité variés à la tavelure. En collaboration avec le projet Interreg Trans-Control, les chercheurs évaluent aussi l'effet de lipopeptides, des molécules naturelles produites par des bactéries du genre Bacillus. Ces substances aux propriétés antifongiques constituent une piste prometteuse pour développer des alternatives à certains produits de protection dont l’usage est controversé, comme le cuivre par exemple.

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